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Comment demander la nationalité suisse en Suisse

  • Photo du rédacteur: Paul Richmond
    Paul Richmond
  • 7 janv.
  • 7 min de lecture

Comment demander la nationalité suisse en Suisse


La citoyenneté suisse constitue une étape juridique et personnelle importante. Elle confère l’intégralité des droits politiques, un passeport suisse et une appartenance sûre à la Confédération suisse. Toutefois, la naturalisation n’est pas automatique. Les demandeurs doivent satisfaire aux exigences fédérales et, dans les cas de naturalisation ordinaire, suivre des procédures cantonales et communales qui peuvent varier considérablement d’un endroit à l’autre en Suisse.

 

Ce guide présente les principales voies d’accès à la citoyenneté suisse, les exigences relatives à la résidence et à l’intégration, la procédure de demande, les attentes linguistiques, les coûts et les questions pratiques à examiner avant de déposer une demande.

 

Naturalisation ordinaire : qui peut demander la nationalité suisse ?


La naturalisation ordinaire est la voie habituelle pour les ressortissants étrangers qui vivent en Suisse et qui sont titulaires d’un permis C. Selon le droit fédéral, le demandeur doit généralement avoir vécu en Suisse pendant 10 ans, dont trois ans au cours des cinq années précédant la demande, et être titulaire d’une autorisation d’établissement, ou permis C, au moment du dépôt de la demande.

 

Toutes les périodes de séjour ne sont pas prises en compte de la même manière. Le temps passé en Suisse avec un permis B ou C est pris en compte. Le temps passé avec une carte de légitimation du DFAE ou un permis Ci peut également être pris en compte. Le temps passé avec un permis F ne compte que pour moitié, tandis que le temps passé dans le cadre d’une procédure d’asile avec un permis N ou avec un permis L de courte durée ne compte pas pour la durée de résidence requise en vue d’une naturalisation ordinaire.

 

Les années passées en Suisse entre l’âge de 8 ans et 18 ans comptent double, mais le demandeur doit néanmoins avoir effectivement vécu en Suisse pendant au moins six ans.

 

Le droit cantonal exige également une durée de résidence dans le canton et la commune concernés, généralement comprise entre deux et cinq ans. La durée exacte de résidence locale et la procédure applicable dépendent du canton et de la commune.

 

Exigences d’intégration pour la naturalisation suisse


Les demandeurs doivent démontrer qu’ils sont intégrés avec succès. En pratique, cela signifie généralement qu’ils doivent établir qu’ils :

 

  • respectent la sécurité et l’ordre publics ;

  • respectent les valeurs de la Constitution fédérale suisse ;

  • peuvent communiquer dans une langue nationale ;

  • participent à la vie économique ou suivent une formation ;

  • soutiennent l’intégration des membres de leur famille lorsque cela est pertinent ; et

  • ne compromettent pas la sécurité intérieure ou extérieure de la Suisse.

Les demandeurs doivent également s’attendre à des vérifications concernant la conformité fiscale, les extraits du registre des poursuites, le casier judiciaire, les antécédents d’aide sociale et l’intégration locale. Les circonstances individuelles, telles qu’un handicap, une maladie ou d’autres motifs personnels importants, peuvent devoir être examinées avec soin.

 

Pour la naturalisation ordinaire et la naturalisation facilitée en Suisse, l’exigence linguistique minimale habituelle est le niveau B1 à l’oral et A2 à l’écrit dans une langue nationale suisse. Les cantons peuvent exiger des certificats reconnus ou évaluer les compétences linguistiques dans le cadre de l’entretien.

 

Naturalisation facilitée pour les conjoints de citoyens suisses


La naturalisation facilitée n’est ouverte que dans des cas précis. La voie la plus fréquente concerne l’époux ou l’épouse d’un citoyen suisse.

 

Un conjoint vivant en Suisse peut déposer une demande s’il a :

 

  • vécu en Suisse pendant cinq ans au total ;

  • séjourné en Suisse pendant l’année précédant immédiatement la demande ; et

  • été marié avec le citoyen suisse et vécu en communauté conjugale avec lui pendant trois ans.

Un conjoint vivant à l’étranger peut être admissible après six ans de mariage s’il entretient des liens étroits avec la Suisse.

 

La naturalisation facilitée est traitée par le Secrétariat d’État aux migrations, mais des enquêtes locales peuvent néanmoins être menées. Il ne s’agit pas simplement d’une version plus courte de la naturalisation ordinaire : le demandeur doit toujours être intégré et satisfaire aux conditions légales au moment du dépôt de la demande.

 

Il existe des exclusions importantes. Par exemple, la naturalisation facilitée par mariage n’est généralement pas ouverte si les deux conjoints étaient ressortissants étrangers au moment du mariage et que l’un d’eux a ensuite acquis la nationalité suisse par naturalisation ordinaire. Elle n’est pas non plus disponible si le conjoint suisse décède avant le dépôt de la demande.

 

Nationalité suisse pour les étrangers de la troisième génération


Certains jeunes ressortissants étrangers de la troisième génération peuvent demander la naturalisation facilitée. Cette voie est soumise à des conditions précises. Le demandeur doit généralement être né en Suisse, être titulaire d’un permis C, avoir suivi la scolarité obligatoire en Suisse pendant au moins cinq ans, être intégré avec succès et déposer la demande avant son 25e anniversaire.

 

Il doit également exister des liens qualifiants avec les générations du parent et du grand-parent, notamment la preuve qu’au moins un grand-parent est né en Suisse ou y a acquis un droit de séjour, et qu’au moins un parent a été titulaire d’un permis C, a vécu en Suisse pendant au moins 10 ans et a suivi la scolarité obligatoire en Suisse pendant au moins cinq ans.

 

Enfants, familles et demandes de nationalité suisse


Les enfants ne deviennent pas automatiquement citoyens suisses du seul fait qu’ils sont nés en Suisse de parents étrangers. Lorsque les parents déposent une demande de naturalisation ordinaire, les enfants mineurs peuvent souvent être inclus, mais chaque situation doit être appréciée au regard de l’âge de l’enfant, de sa résidence, de sa scolarité, de son intégration et des circonstances familiales.

 

L’adoption peut conduire à la citoyenneté suisse uniquement dans des circonstances précises, notamment lorsque l’enfant adopté est encore mineur et obtient le même statut juridique qu’un enfant biologique d’un parent suisse. Les familles devraient obtenir des conseils avant de présumer qu’un enfant sera inclus ou qu’une voie facilitée distincte est disponible.

 

Déroulement de la procédure de naturalisation suisse


La procédure de naturalisation ordinaire commence généralement auprès de la commune ou du canton de résidence, selon le droit local. Les autorités examinent l’historique de résidence, le statut de permis, les justificatifs linguistiques, l’intégration, la situation financière, le casier judiciaire et les attaches locales.

 

Les demandeurs peuvent être invités à un entretien. Certains cantons ou communes exigent également un test écrit ou oral portant sur le système politique, l’histoire, la géographie, la société et la vie locale en Suisse. Dans certains endroits, l’étape communale peut être particulièrement importante, car les autorités locales évaluent si le demandeur connaît le mode de vie suisse et s’il est intégré dans la communauté locale.

 

Si le canton et la commune soutiennent la demande, le dossier est transmis au Secrétariat d’État aux migrations pour l’autorisation fédérale de naturalisation. La procédure peut être longue, et un déménagement dans une autre commune ou un autre canton pendant la procédure peut retarder la demande ou entraîner des vérifications supplémentaires.

 

Preuves à fournir pour une demande de nationalité suisse


Les exigences en matière de preuve varient selon la voie choisie, le canton, la commune et les circonstances personnelles. Les documents peuvent notamment inclure, à titre d’exemple uniquement :

 

  • les relevés de résidence et de permis ;

  • les documents d’état civil ;

  • les certificats linguistiques ;

  • les attestations fiscales et extraits du registre des poursuites ;

  • les extraits du casier judiciaire ;

  • les preuves d’emploi, de formation ou d’indépendance financière ;

  • les relevés scolaires pour les enfants ou les demandeurs de la troisième génération ; et

  • les preuves d’intégration locale ou de participation à la vie communautaire.


Les documents ne garantissent pas à eux seuls l’approbation. Les autorités évaluent l’ensemble du dossier, y compris la question de savoir si le demandeur satisfait aux exigences légales formelles et s’il est suffisamment intégré.

 

Coûts d’une demande de nationalité suisse


Les coûts dépendent de la voie choisie et de l’autorité concernée. Pour la naturalisation ordinaire, le SEM perçoit un émolument fédéral pour l’autorisation de naturalisation, et le canton ainsi que la commune facturent leurs propres émoluments. Les montants cantonaux et communaux exacts doivent être vérifiés localement, car le SEM ne publie pas de montant national unique à cet égard.

 

Pour la naturalisation facilitée par mariage en Suisse, l’émolument fédéral est actuellement de CHF 900, payable à l’avance et généralement non remboursé si la demande est refusée. Des coûts supplémentaires peuvent être engagés pour les certificats linguistiques, les traductions, les documents d’état civil, les conseils juridiques ou la vérification des documents.

 

Double nationalité et nationalité suisse


La Suisse autorise la double nationalité et les nationalités multiples. Le droit suisse n’impose pas aux demandeurs de renoncer à leur nationalité existante lorsqu’ils deviennent suisses.

 

Toutefois, le droit de l’autre pays peut être différent. Certains États limitent ou retirent la nationalité lorsqu’une personne acquiert volontairement une autre nationalité. Les demandeurs devraient vérifier le droit de la nationalité de chaque pays concerné avant de présenter une demande.

 

Permis C ou nationalité suisse : la naturalisation en vaut-elle la peine ?


Un permis C offre une forte sécurité de séjour, un accès au marché du travail suisse et de nombreux avantages pratiques. Il ne correspond toutefois pas à la citoyenneté. Les titulaires d’un permis C restent des ressortissants étrangers, ne reçoivent pas de passeport suisse, ne peuvent pas voter aux élections fédérales et peuvent demeurer soumis au contrôle migratoire dans certaines circonstances.

 

La citoyenneté suisse confère l’intégralité des droits politiques, le droit à un passeport suisse et le statut juridique de ressortissant suisse. Pour de nombreux résidents de longue durée, la décision n’est pas seulement pratique, mais également civique et personnelle.

 

Contactez nos avocats en immigration en Suisse


La naturalisation suisse exige une préparation minutieuse, en particulier lorsque les durées de résidence, l’historique des permis, les justificatifs linguistiques, l’aide sociale, les poursuites, les questions pénales, les demandes familiales ou la procédure cantonale peuvent avoir une incidence sur l’issue de la demande. Les avocats spécialisés en immigration suisse de Richmond Chambers Switzerland peuvent évaluer votre admissibilité, identifier les risques avant le dépôt de la demande, vous conseiller sur la naturalisation ordinaire ou facilitée et vous accompagner dans la préparation des preuves et la stratégie procédurale.

 

Pour organiser une première consultation, contactez Richmond Chambers Switzerland par téléphone au +41 21 588 07 70 ou remplissez notre formulaire de demande.

 

Cet article résume le droit suisse de l’immigration et les orientations disponibles à la date de rédaction. Les faits individuels, les preuves, le traitement cantonal et la situation procédurale peuvent influencer l’issue d’une demande. Il est fourni à titre d’information générale uniquement et ne constitue pas un conseil juridique.

 


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