Exigences financières pour un visa de conjoint britannique : quelles sources de revenus sont prises en compte et comment les justifier ?
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L' exigence financière pour l'obtention d'un visa de conjoint (partenaire) au Royaume-Uni est l'une des causes les plus fréquentes de refus des demandes d'annexe FM. Dans de nombreux cas, les revenus sous-jacents sont suffisants, mais la demande est rejetée car les revenus ne relèvent pas d'une catégorie autorisée, le calcul est erroné ou les justificatifs ne répondent pas aux exigences documentaires strictes. Pour les professionnels actifs, la difficulté pratique n'est généralement pas de savoir « gagner suffisamment ? » mais plutôt « pouvoir le prouver de la manière requise, pour la période concernée et sans interruption ? »
Cet article explique quelles sources de revenus sont prises en compte pour satisfaire aux exigences financières d'un visa de conjoint britannique, comment le ministère de l'Intérieur exige que chaque source soit justifiée, et les pièges fréquents qui entraînent un refus. Bien que les règles puissent être comprises sans difficulté en les abordant méthodiquement, elles sont techniques : la meilleure approche consiste à identifier d'abord la catégorie (ou la combinaison de catégories) appropriée, puis à constituer un dossier de documents correspondant.
Comprendre les besoins financiers dans leur contexte (Annexe FM)
Pour la plupart des demandes de parrainage de partenaire au titre de l'annexe FM , le demandeur doit prouver que le garant (ou le couple conjointement, selon la catégorie) satisfait à un seuil de revenu minimum. Ce seuil minimum est actuellement fixé à 29 000 £ par an. Il n'y a plus de seuil plus élevé lorsque des enfants non britanniques ou non résidents permanents font une demande en tant que personnes à charge. Le ministère de l'Intérieur établit une distinction nette entre les différents types de revenus, car chacun est évalué sur une période différente et avec des justificatifs obligatoires différents.
Une erreur fréquente consiste à considérer cette exigence comme un simple test de capacité financière. Or, il n'en est rien. Il s'agit d'une évaluation rigoureuse : seules les sources de revenus spécifiées sont prises en compte, et uniquement si elles sont justifiées selon les modalités prescrites. Si les justificatifs ne répondent pas aux critères, le ministère de l'Intérieur peut refuser la demande, même si les revenus sous-jacents sont réels.
Il est également essentiel de séparer (1) si le sponsor/demandeur dispose du revenu, de (2) si ce revenu peut être utilisé en vertu des règles dans les circonstances de la demande particulière (par exemple, si le sponsor est employé au Royaume-Uni ou à l'étranger, si le demandeur fait sa demande depuis l'étranger ou dans le pays, et s'il y a eu un changement d'emploi récent).
Les principales catégories de revenus qui peuvent être prises en compte
L'annexe FM-SE (règles relatives aux justificatifs) est conforme à la structure des exigences financières de l'annexe FM. En pratique, les exigences financières pour les visas de conjoint se répartissent généralement en cinq catégories : revenus d'activité salariée, revenus d'activité non salariée, revenus d'activité indépendante ou d'entreprise, épargne et pension. Certaines demandes se basent sur une seule catégorie ; d'autres combinent plusieurs catégories lorsque cela est autorisé.
Revenus d'emploi (salariés et non salariés)
Les revenus d'activité professionnelle constituent la voie la plus courante. La réglementation établit une distinction entre les emplois salariés (salaire annuel fixe) et les emplois non salariés (par exemple, rémunération horaire avec horaires variables, commissions, heures supplémentaires ou rémunération irrégulière). Cette distinction est importante car elle influe sur le calcul et sur la manière dont le ministère de l'Intérieur vérifie le maintien du niveau de revenus.
Lorsque le répondant travaille pour le même employeur depuis au moins six mois au niveau requis, la justification est relativement simple. En revanche, si le répondant travaille pour le même employeur depuis moins de six mois ou a changé d'emploi, une autre méthode d'évaluation s'applique et le dossier de candidature doit démontrer le niveau requis en combinant le revenu actuel et les revenus antérieurs sur une période plus longue. La charge de la preuve est généralement plus lourde et les refus plus fréquents, car les candidats soumettent un dossier « sur six mois » alors que la réglementation exige en réalité une analyse sur douze mois.
Revenus autres que ceux liés au travail (loyers, dividendes, intérêts)
Certains revenus non salariaux peuvent être pris en compte, tels que les loyers perçus, les dividendes ou les intérêts d'investissements. Dans tous les cas, le ministère de l'Intérieur exige de constater que : a) le revenu est effectivement perçu par la personne concernée ; b) il est perçu à titre de revenu et non comme un apport de capital ponctuel.
Il s'agit d'une source fréquente de confusion. Par exemple, un virement bancaire forfaitaire ne constitue pas automatiquement un « revenu » du seul fait qu'il soit qualifié comme tel. Le ministère de l'Intérieur cherchera à comprendre la source et les modalités de ce versement, et à s'assurer qu'il est correctement déclaré lorsque cela est requis.
Travail indépendant et revenus d'une société à responsabilité limitée
Le travail indépendant est autorisé, mais il implique de nombreuses démarches administratives et est lié aux exercices fiscaux et aux périodes comptables. Le ministère de l'Intérieur évalue généralement les revenus des travailleurs indépendants sur la base de documents financiers complets (tels que les déclarations fiscales et les comptes) plutôt que sur des factures récentes ou des prévisions. Pour les dirigeants de sociétés à responsabilité limitée, l'analyse peut être encore plus complexe, car le ministère de l'Intérieur fait la distinction entre salaire et dividendes et exige des documents de l'entreprise attestant de son activité réelle et commerciale, et justifiant les chiffres utilisés.
En pratique, la clé du succès pour obtenir un visa de conjoint pour travailleur indépendant réside dans une planification anticipée. De nombreux refus sont dus au fait que les demandeurs tentent de se prévaloir de comptes incomplets, d'une période comptable erronée ou de lettres informelles d'experts-comptables qui ne répondent pas aux exigences de justificatifs.
revenu de pension
Les pensions d'État et les pensions professionnelles/privées sont prises en compte. Les revenus de pension constituent souvent l'une des catégories les plus faciles à justifier, car ils sont réguliers et peuvent être prouvés par des courriers officiels et des relevés bancaires. Le ministère de l'Intérieur exigera néanmoins une preuve formelle du versement de la pension et de sa perception par la personne concernée.
Épargne en espèces (comme alternative aux revenus, ou pour « compléter »)
L'épargne en espèces dépassant un certain seuil peut être utilisée soit pour couvrir à elle seule les besoins financiers (si elle est suffisamment élevée), soit en complément des revenus pour combler un déficit. Cette épargne doit généralement être bloquée pendant une période minimale et être sous le contrôle du demandeur, du garant ou des deux.
Les dossiers d'épargne échouent souvent parce que les demandeurs s'appuient sur des fonds qui ne sont pas considérés comme de l'« épargne en espèces » au sens des règles (par exemple, certains placements difficilement accessibles), parce que la période de détention minimale n'est pas respectée ou parce que les justificatifs bancaires ne démontrent pas un solde constant au fil du temps.
Entretien adéquat (le cas échéant)
Certains conjoints demandeurs sont évalués selon un critère de « ressources suffisantes » plutôt que selon le revenu minimum requis. Cela peut s'appliquer dans des cas particuliers, notamment pour certaines demandes d'allocations liées à un handicap. Les justificatifs et les calculs étant différents, il est important de déterminer dès le départ si le seuil standard de 29 000 £ s'applique ou si le critère de ressources suffisantes est approprié.
Voici à quoi ressemble un dossier de documents « typique » pour un salarié.
Pour un parrain salarié qui travaille pour le même employeur depuis au moins six mois et dont le salaire est égal ou supérieur au niveau requis, le ministère de l'Intérieur exigera normalement un ensemble cohérent de documents qui se recoupent : des bulletins de salaire correspondant aux relevés bancaires et une lettre de l'employeur confirmant les détails de l'emploi.
Un dossier complet comprend généralement les bulletins de salaire de la période concernée, les relevés bancaires correspondants attestant du versement des salaires nets, ainsi qu'une lettre de l'employeur, dûment rédigée sur papier à en-tête de l'entreprise, confirmant la date d'embauche, l'intitulé du poste, le type de contrat (CDI/CDD), la continuité de l'emploi, le niveau de rémunération et la durée de perception de ce niveau. Si les bulletins de salaire sont électroniques, le ministère de l'Intérieur peut exiger des justificatifs supplémentaires, tels qu'une lettre confirmant leur authenticité ou les informations relatives au système de paie de l'employeur.
Outre le respect des exigences strictes de la réglementation en matière d'immigration, le point pratique le plus important est la cohérence interne. Si la lettre de l'employeur indique un salaire, mais que les bulletins de paie font apparaître un taux différent, ou si ces derniers font apparaître des déductions ou des réductions de salaire non justifiées, le ministère de l'Intérieur peut remettre en question le calcul. Si les relevés bancaires ne font pas clairement apparaître le versement du salaire (par exemple, s'il est fusionné avec d'autres paiements ou versé sous une autre référence), vous devez le signaler proactivement dans une brève lettre explicative et, si possible, obtenir une confirmation de l'employeur.
Pièges courants : bulletins de paie manquants, relevés bancaires incohérents et lettres d’employeur peu convaincantes
Les refus sont souvent dus à des problèmes documentaires évitables.
Bulletins de paie manquants : Le ministère de l’Intérieur exige la fourniture de l’ensemble des bulletins de paie pour la période concernée. Si un mois est manquant, ne présumez pas que cela ne sera pas ignoré. Si un bulletin de paie ne peut être fourni, vous devez obtenir une confirmation écrite de votre employeur expliquant la raison et fournissant un document de paie certifié conforme couvrant la période manquante.
Incohérences dans les relevés bancaires : Le salaire doit apparaître clairement comme un crédit sur le compte. Des problèmes surviennent lorsque le salarié est versé sur un compte qui n’est pas à son nom, lorsque la référence de paiement change, lorsque le salarié fournit des listes de transactions plutôt que des relevés complets, ou lorsque les relevés sont interrompus en cours de mois. La solution la plus sûre consiste à fournir des relevés bancaires officiels et complets couvrant toute la période concernée, avec les numéros de page ou le logo de la banque visibles, et à s’assurer que chaque bulletin de paie comporte un crédit bancaire correspondant.
Lettres d'employeur trop vagues : Une lettre d'employeur se contentant de confirmer l'existence d'un emploi est rarement suffisante. Le ministère de l'Intérieur exige des informations précises : type d'emploi, durée d'emploi, niveau de rémunération et confirmation de l'authenticité des bulletins de salaire. Si le salarié perçoit un revenu variable, la lettre doit expliquer le mode de calcul de cette rémunération (par exemple, durée contractuelle, politique relative aux heures supplémentaires, structure des commissions) afin de permettre au ministère de l'Intérieur d'en comprendre les calculs.
Comment aborder la rémunération variable et les primes sans créer de problèmes
Les revenus variables peuvent être pris en compte, mais cela accroît les risques liés aux preuves et aux calculs. Le ministère de l'Intérieur exigera que le niveau invoqué soit justifié par des versements effectifs et que la méthode de calcul soit correcte pour la catégorie utilisée.
Le principal risque est de trop se fier aux « bons mois ». En cas de fluctuations de la rémunération, le ministère de l'Intérieur examine généralement la période concernée et applique une méthode de calcul de la moyenne ou d'annualisation, selon que le salarié soit employé depuis au moins six mois et que le revenu soit salarial ou non. Si les primes font partie intégrante de la rémunération, assurez-vous qu'elles figurent clairement sur les bulletins de paie et les relevés bancaires, et que toute base contractuelle ou politique soit expliquée dans la lettre de l'employeur. Si une prime est discrétionnaire et ponctuelle, il est plus prudent de la gérer avec circonspection plutôt que de baser l'ensemble des besoins financiers sur elle.
Cumuler les sources de revenus : quand cela aide et quand cela complique la situation
Dans certains cas, il est judicieux de combiner des sources de revenus autorisées, comme les revenus d'emploi et l'épargne, afin de combler un manque à gagner. Toutes les sources de revenus ne peuvent être combinées, mais lorsque c'est possible, cette solution peut s'avérer efficace, à condition que chaque élément soit dûment justifié et que le calcul combiné soit effectué conformément aux exigences du ministère de l'Intérieur.
Le risque est que le regroupement des catégories puisse multiplier les sources de problèmes. Pour les candidats pressés par le temps, un choix stratégique s'impose souvent : soit soumettre une demande claire et concise dans une seule catégorie (si possible), soit accepter qu'une approche combinée exige une documentation rigoureuse et une explication limpide du calcul des chiffres.
Conseils pratiques pour constituer un dossier de preuves financières à l'épreuve des refus
Le dossier de justificatifs financiers pour un visa de conjoint doit être structuré comme une piste d'audit. L'agent du ministère de l'Intérieur doit pouvoir se référer aux règles en vigueur, suivre les chiffres et vérifier chaque paiement et document sans aucune conjecture.
Deux techniques pratiques permettent de réduire considérablement les refus. Premièrement, rapprochez chaque bulletin de paie avec le virement bancaire correspondant et vérifiez que les dates concordent. Si la date de versement de votre salaire tombe un week-end ou un jour férié et que le virement arrive à une autre date, signalez-le. Deuxièmement, assurez-vous que les documents sont « complets » au sens du ministère de l'Intérieur : relevés complets et non captures d'écran, toutes les pages et identification claire du titulaire du compte.
Il est également judicieux de vérifier la cohérence des noms et adresses dans tous les documents. Si le garant a récemment changé d'adresse, fournissez une explication et, le cas échéant, des justificatifs. Si le nom du garant présente des variations (par exemple, un deuxième prénom ou une orthographe différente), clarifiez la situation dès le départ plutôt que de laisser le travailleur social le déduire.
Enfin, il est essentiel de prendre en compte le contexte global de la demande. Les ressources financières sont évaluées en même temps que les preuves de lien de parenté, le logement, le niveau d'anglais et les exigences relatives au statut d'immigration. Même avec un dossier financier solide, des éléments peuvent être remis en cause si, par exemple, les justificatifs d'emploi suggèrent que le garant ne réside pas réellement à l'endroit indiqué, ou si les relevés bancaires soulèvent des questions évitables (comme d'importants dépôts d'espèces inexpliqués) qui nuisent à sa crédibilité.
Conclusion : choisissez la bonne catégorie, puis prouvez-la avec précision.
Pour satisfaire aux exigences financières d'un visa de conjoint britannique, il est rare de devoir fournir un maximum de justificatifs. Il s'agit plutôt de présenter les justificatifs appropriés à la catégorie concernée, de manière complète et cohérente. Les revenus d'emploi constituent souvent la solution la plus simple si le conjoint parrain perçoit un salaire stable chez le même employeur depuis au moins six mois. Lorsque la situation est plus complexe (changements d'emploi récents, rémunération variable, activité indépendante ou recours à l'épargne), la demande reste recevable, mais la préparation doit être plus rigoureuse et les calculs effectués avec soin.
Si vous n'êtes pas certain des sources de revenus qui peuvent être prises en compte dans votre situation, ou si vous avez des inquiétudes concernant des bulletins de paie manquants, des relevés bancaires incomplets ou la formulation d'une lettre de votre employeur, demander conseil avant de soumettre votre demande peut vous éviter un refus qui aurait pu être évité.
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