top of page

Citoyenneté suisse de troisième génération : qui peut demander ?

Photo du rédacteur: Paul Richmond
Paul Richmond
il y a 15 heures
8 min de lecture
Citoyenneté suisse de troisième génération : qui peut demander ?

Avant de rechercher dans les archives les anciens documents de séjour suisse d'un grand-parent, il faut d'abord vérifier la situation du demandeur lui-même : naissance en Suisse, domicile en Suisse, permis C actuel, scolarité obligatoire en Suisse et limite d'âge pour le dépôt. Si l'une de ces conditions fait défaut, les preuves relatives à l'histoire familiale ne permettront pas d'y remédier.

 

Ce guide s'adresse aux ressortissants étrangers vivant en Suisse, ainsi qu'aux parents qui évaluent l'éligibilité d'un enfant ou d'un jeune adulte, et souhaitent comprendre la voie de naturalisation facilitée ouverte aux personnes de la troisième génération. Il porte sur l'éligibilité, les preuves et les lacunes documentaires les plus fréquentes.

 

1. La naturalisation de troisième génération est facilitée, mais pas automatique


Les ressortissants étrangers de la troisième génération ne deviennent pas automatiquement suisses. La Suisse n'accorde en principe pas la citoyenneté suisse du seul fait qu'un enfant naît sur son territoire. Les personnes éligibles peuvent en revanche bénéficier d'une voie spécifique de naturalisation facilitée pour la troisième génération en vertu de l'art. 24a LN.

 

Cette voie est distincte de la naturalisation ordinaire et de la naturalisation facilitée par mariage. Il s'agit d'une procédure fédérale tranchée par le Secrétariat d'État aux migrations (SEM), mais les conditions légales sont cumulatives et la demande doit également démontrer une intégration réussie ainsi que l'absence de menace pour la sûreté intérieure ou extérieure de la Suisse. Les directives du SEM précisent aussi que cette voie concerne les personnes domiciliées en Suisse et n'est pas ouverte lorsque le demandeur est domicilié à l'étranger.

 

Une méthode utile consiste à procéder dans l'ordre suivant : d'abord le demandeur, puis la condition relative au parent, ensuite celle relative au grand-parent, et enfin l'intégration et les éventuelles lacunes de preuve. Commencer uniquement par l'ascendance est généralement une mauvaise approche.

 

2. Vérifier d'abord l'éligibilité du demandeur


En vertu de l'art. 24a LN, le demandeur doit être né en Suisse, détenir un permis C actuel, avoir accompli au moins cinq ans de scolarité obligatoire en Suisse, satisfaire aux exigences d'intégration et de sécurité et déposer sa demande dans la limite d'âge prévue par la loi. Les informations publiques actuelles du SEM indiquent que la demande doit être déposée avant le 25e anniversaire. Si l'échéance est proche, il est prudent de confirmer auprès du SEM le dernier jour de dépôt possible avant de s'y fier.

 

Le demandeur doit également être domicilié en Suisse. S'il ne détient pas encore de permis C, la question juridique immédiate peut être l'accès au statut d'établissement plutôt que la citoyenneté suisse par naturalisation. Un solide historique familial ne peut remplacer le permis C, la scolarité ou la condition d'âge propres au demandeur.

 

Les preuves utiles concernant le demandeur peuvent comprendre des documents officiels d'état civil, une copie du permis C actuel, des attestations de domicile, des documents scolaires officiels et des pièces d'identité. Le SEM publie une liste de documents propre à cette voie ; c'est cette liste à jour qui doit guider le dépôt, et non une liste générique relative à la naturalisation.

 

Les preuves linguistiques doivent également être vérifiées. La naturalisation facilitée reprend les critères fédéraux d'intégration et le niveau fédéral usuel est B1 à l'oral et A2 à l'écrit dans une langue nationale suisse. Selon l'Ordonnance sur la nationalité, cinq années de scolarité obligatoire suivies dans une langue nationale constituent l'un des moyens prévus pour prouver le niveau linguistique. Si la scolarité du demandeur ne fournit pas cette preuve, une autre voie de preuve reconnue peut être nécessaire.

 

3. Identifier ensuite le parent qui remplit les conditions


Au moins un parent doit satisfaire à trois conditions cumulatives : avoir acquis un permis C, avoir séjourné en Suisse pendant au moins dix ans et avoir accompli au moins cinq ans de scolarité obligatoire en Suisse. La formulation est importante : la condition relative au parent ne se réduit pas à une appréciation générale de liens anciens avec la Suisse.

 

Il est généralement efficace d'identifier le parent dont le parcours documentaire est le plus clair et d'établir d'abord cette condition. Les preuves pertinentes peuvent comprendre des actes d'état civil reliant le parent au demandeur, la preuve que le parent a acquis le statut d'établissement, des attestations de domicile couvrant la période requise et des documents scolaires officiels. Il ne s'agit que d'exemples ; la liste du SEM et les faits du dossier déterminent les pièces nécessaires.

 

Les changements de nom et les variantes orthographiques sont une source fréquente de difficultés évitables. Les documents d'état civil devraient rendre clair le lien entre le nom de naissance, le nom marital et les autres variantes enregistrées.

 

4. Prouver la condition relative au grand-parent


Au moins un grand-parent doit soit être né en Suisse, soit pouvoir être établi de manière vraisemblable qu'il a acquis un droit de séjour en Suisse. Le Manuel Nationalité du SEM précise qu'un séjour simplement temporaire, par exemple comme touriste, ne suffit pas pour la seconde branche de cette condition.

 

Si le grand-parent est né en Suisse, les actes de naissance ou d'état civil constituent le point de départ naturel. Si le dossier repose plutôt sur un ancien droit de séjour, les art. 15a et 15b OLN ainsi que les directives du SEM identifient notamment comme sources possibles les registres des habitants communaux ou cantonaux, les systèmes d'information sur la migration, les confirmations d'état civil et, lorsque cela est pertinent, les documents fiscaux. D'anciens permis et des dossiers migratoires officiels peuvent également être utiles.

 

Un récit familial, une ancienne adresse ou une photographie prise devant un bâtiment suisse ne constitue pas, à lui seul, une preuve de la condition légale. Des éléments historiques complémentaires peuvent aider à expliquer le dossier, mais ils ne doivent pas être présentés comme un substitut aux preuves juridiques requises. Si d'anciens documents ne peuvent pas être retrouvés, il convient de documenter les recherches effectuées et d'examiner si d'autres sources officielles permettent d'établir le point de manière vraisemblable.

 

Le lien familial lui-même doit également être prouvé. Les actes de naissance, de mariage, de divorce, de reconnaissance ou de changement de nom peuvent donc être aussi importants que les documents de séjour pour relier les générations du demandeur, du parent et du grand-parent.

 

5. L'intégration et l'ordre public restent déterminants


La seule réunion des conditions formelles relatives aux trois générations ne suffit pas. En vertu de l'art. 20 LN, la naturalisation facilitée suppose le respect des critères d'intégration de l'art. 12 LN ainsi que l'absence de menace pour la sûreté intérieure ou extérieure de la Suisse.

 

Une intégration réussie comprend notamment le respect de la sécurité et de l'ordre publics, le respect des valeurs de la Constitution, la capacité de communiquer au quotidien dans une langue nationale, la participation à la vie économique ou l'acquisition d'une formation, ainsi que l'encouragement et le soutien de l'intégration des membres de la famille concernés. Les informations du SEM relatives à la troisième génération mentionnent expressément les arriérés d'impôts, les poursuites, les actes de défaut de biens, les questions de casier judiciaire et l'aide sociale perçue au cours des trois années précédant le dépôt, sauf remboursement intégral.

 

Avant le dépôt, il convient donc d'examiner les procédures et antécédents pénaux, la situation fiscale, les poursuites, l'historique d'aide sociale, les obligations d'entretien, l'activité professionnelle ou la formation et les preuves linguistiques. L'effet juridique d'un élément particulier dépend des règles applicables et des faits, mais il vaut mieux l'identifier et l'analyser avant que le SEM ne le soulève.

 

Lorsque le handicap, la maladie ou d'autres circonstances personnelles importantes rendent l'apprentissage d'une langue ou la participation à la vie économique ou à une formation impossible ou sensiblement plus difficile, le droit suisse de la nationalité exige qu'il soit tenu compte de ces circonstances de manière appropriée. Toute invocation de telles circonstances doit être correctement documentée.

 

6. Construire une matrice de preuves sur trois générations


Un dossier solide doit permettre au SEM de comprendre immédiatement ce que prouve chaque document. Il est préférable d'organiser les preuves par question juridique et par génération plutôt que de transmettre un dossier volumineux sans explication.

Partie du dossier

Ce qu'elle doit établir

Exemples de preuves

Demandeur

Naissance en Suisse, permis C actuel, scolarité, domicile, délai et intégration

Documents d'état civil, permis C, attestations de domicile, documents scolaires, pièces d'identité

Parent

Acquisition du permis C, dix ans de séjour en Suisse et cinq ans de scolarité obligatoire

Actes d'état civil, preuve du statut d'établissement, attestations de domicile, documents scolaires

Grand-parent

Naissance en Suisse ou acquisition vraisemblable d'un droit de séjour pertinent

Actes de naissance ou d'état civil, registres des habitants ou de migration, anciens permis, autres confirmations officielles

Chaîne familiale

Lien juridique entre les générations

Actes de naissance, mariage, divorce, reconnaissance ou changement de nom

Intégration et ordre public

Respect des conditions matérielles de naturalisation

Preuve linguistique si nécessaire, documents fiscaux et de poursuites, éléments pénaux, aide sociale, preuves de formation ou d'emploi

Ces exemples ne constituent pas une liste exhaustive du SEM et ne garantissent pas l'acceptation de la demande. Le SEM peut demander des preuves supplémentaires. Lorsque d'anciens documents manquent, d'autres preuves officielles peuvent être utiles, mais leur suffisance dépend de la condition légale précise et de la qualité des éléments produits.

 

7. Où déposer la demande ?

 

La naturalisation facilitée de troisième génération est une procédure fédérale. La demande est adressée au SEM au moyen du formulaire officiel et des pièces propres à cette voie. Le SEM rend la décision et, avant d'approuver la demande, consulte le canton concerné ; les autorités cantonales ou communales peuvent également participer aux enquêtes et aux vérifications de registres.

 

Il ne faut pas confondre cette procédure avec la naturalisation ordinaire, dans laquelle les procédures cantonales et communales jouent un rôle différent. Les autorités locales peuvent néanmoins être des sources essentielles de preuves scolaires, de domicile, fiscales, de poursuites, de migration et d'archives, notamment lorsqu'une famille a vécu dans plusieurs régions de Suisse.

 

8. Contactez nos avocats spécialisés en immigration en Suisse


Richmond Chambers Switzerland peut évaluer si la voie facilitée de troisième génération est ouverte, identifier les meilleures preuves pour les conditions relatives au demandeur, au parent et au grand-parent, examiner les risques liés à l'intégration ou à l'ordre public et aider à structurer la demande de manière à ce que chaque exigence légale soit clairement étayée.

 

Pour organiser une réunion de première consultation, contactez Richmond Chambers Switzerland par téléphone au +41 21 588 07 70 ou remplissez notre formulaire de demande de renseignements.

 

9. Questions fréquemment posées : citoyenneté suisse de troisième génération


Qui peut bénéficier de la citoyenneté suisse de troisième génération ?

Le demandeur doit remplir cumulativement les conditions de l'art. 24a LN, notamment être né en Suisse, détenir un permis C actuel, avoir accompli au moins cinq ans de scolarité obligatoire en Suisse, satisfaire aux conditions relatives au parent et au grand-parent, être intégré avec succès et respecter la limite d'âge. Cette voie concerne les personnes domiciliées en Suisse.

Non. La Suisse n'accorde en principe pas la citoyenneté du seul fait de la naissance sur son territoire. La troisième génération doit déposer une demande formelle de naturalisation facilitée et prouver que toutes les conditions légales sont remplies.

Au moins un parent doit avoir acquis un permis C, avoir vécu en Suisse pendant au moins dix ans et avoir accompli au moins cinq ans de scolarité obligatoire en Suisse. Ces conditions sont cumulatives et devraient être étayées par des documents officiels.

Au moins un grand-parent doit être né en Suisse ou il doit être rendu vraisemblable qu'il a acquis un droit de séjour pertinent en Suisse. Un séjour temporaire comme touriste ne suffit pas pour la seconde branche de cette condition.

Oui. Le demandeur doit détenir une autorisation d'établissement suisse, couramment appelée permis C. S'il ne dispose pas encore de ce statut, cette question peut devoir être réglée avant qu'une demande de naturalisation de troisième génération soit possible.

Le niveau fédéral d'intégration est en principe B1 à l'oral et A2 à l'écrit dans une langue nationale suisse. Cinq années de scolarité obligatoire suivies dans une langue nationale constituent l'un des moyens reconnus de prouver le niveau linguistique au sens de l'Ordonnance sur la nationalité.

Le SEM indique que la demande de troisième génération doit être déposée avant le 25e anniversaire et l'ancienne disposition transitoire applicable aux demandeurs plus âgés a pris fin le 15 février 2023. Toute personne proche de cette limite devrait confirmer le délai exact avant de se fier au dernier jour.


Cet article résume le droit suisse de l’immigration et les directives applicables à la date de sa rédaction. Les faits, les preuves, le traitement cantonal et le positionnement procédural peuvent influer sur l’issue. Il est fourni à titre d’information générale uniquement et ne constitue pas un conseil juridique.

ABONNEZ-VOUS À NOTRE CENTRE DE CONNAISSANCES

Ne manquez rien, abonnez-vous à notre Centre de connaissances pour être averti dès qu'un nouvel article est publié.

bottom of page