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Le temps passé avec un permis L compte-t-il pour l’obtention d’un permis C suisse ?

  • Photo du rédacteur: Paul Richmond
    Paul Richmond
  • 8 juin
  • 9 min de lecture
Le temps passé avec un permis L compte-t-il pour l’obtention d’un permis C suisse ?

Le temps passé en Suisse avec un permis L peut être pertinent lorsqu’une personne prépare une demande de permis C suisse. Il ne doit toutefois pas être comptabilisé de la même manière qu’un séjour sous permis B sans vérifier la voie applicable, le but du séjour et la continuité de la résidence.

 

L’erreur fréquente consiste à additionner les années civiles passées en Suisse et à supposer que chaque année de séjour légal a la même valeur aux fins de l’établissement. La planification d’un permis C suisse est plus technique. Une analyse correcte distingue la durée totale de séjour légal de la période finale ininterrompue sous autorisation de séjour.

 

Délais du permis C suisse : réponse courte


Selon l’Article 34 LEI / AIG, une personne étrangère peut obtenir une autorisation d’établissement si elle a séjourné en Suisse pendant au moins dix ans au total au bénéfice d’une autorisation de courte durée ou d’une autorisation de séjour, si elle a détenu une autorisation de séjour sans interruption pendant les cinq dernières années, s’il n’existe aucun motif pertinent de révocation et si elle est intégrée. Le permis L est une autorisation de courte durée. Le permis B est une autorisation de séjour. Le permis C est l’autorisation d’établissement.

 

Cela signifie que le temps passé avec un permis L peut contribuer à l’historique global de dix ans, en particulier lorsqu’il se situe plus tôt dans la chronologie. Il ne remplace normalement pas la période finale ininterrompue sous permis B requise avant l’établissement.

 

Une personne ayant détenu un permis L de travail pendant deux ans, puis un permis B pendant huit ans, devra analyser si ces années sous permis L permettent de compléter l’historique de résidence de dix ans. En revanche, une année sous permis L suivie de quatre années sous permis B ne suffit pas nécessairement pour un permis C anticipé, car l’exigence de cinq ans n’est pas un simple test de présence de cinq années.

 

Pourquoi le séjour légal n’est pas toujours un séjour qualifiant


Pour la planification d’un permis C, le séjour légal et le séjour qualifiant ne coïncident pas toujours. Les autorités peuvent examiner la catégorie de permis, le but du séjour, la continuité, l’intégration ainsi que toute question de refus ou de révocation. L’intégration comprend notamment le respect de l’ordre public, le respect des valeurs constitutionnelles, les compétences linguistiques et la participation à la vie économique ou à une formation.

 

Ce point est particulièrement important lorsqu’une personne est passée par des périodes de travail temporaire, d’études, de formation, de recherche d’emploi, de séjour familial et d’emploi. Chaque période doit être replacée dans son contexte juridique plutôt que traitée comme une année de résidence identique aux autres.

 

Permis C suisse ordinaire après dix ans : quand le temps sous permis L peut compter


Pour de nombreux parcours mixtes L/B, la voie ordinaire de dix ans reste le point de départ. Le demandeur doit reconstituer sa chronologie par type de permis, base juridique, dates de début et de fin, canton, inscription communale, absences et tout changement de situation familiale ou de nationalité.

 

Le passage du permis L au permis B n’efface pas automatiquement le séjour légal antérieur. À l’inverse, il ne signifie pas que la période sous permis L peut être utilisée pour chaque élément du test applicable au permis C. Le bloc final de cinq ans doit généralement être examiné séparément comme une résidence ininterrompue sous autorisation de séjour.

 

Le passage du permis B au permis C doit donc être préparé à partir d’une chronologie complète, et non uniquement à partir de la date de première arrivée en Suisse.

 

Permis C anticipé après cinq ans : pourquoi le temps sous permis L exige de la prudence


La voie du permis C anticipé prévue par l’Article 34(4) LEI / AIG et l’Article 62 OASA / VZAE ne constitue pas un droit automatique après cinq années civiles en Suisse. Il s’agit d’une voie discrétionnaire d’établissement anticipé fondée sur une résidence ininterrompue sous autorisation de séjour, l’absence de motifs pertinents de refus et une forte intégration. L’Article 62 OASA / VZAE exige au moins le niveau B1 à l’oral et A1 à l’écrit dans la langue nationale parlée au lieu de domicile.

 

Les directives du SEM indiquent que, pour l’établissement anticipé, les séjours antérieurs ou temporaires tels que les études, les traitements médicaux ou les séjours de courte durée ne sont généralement pas comptabilisés dans la période de cinq ans sous autorisation de séjour. Elles reconnaissent toutefois des situations particulières dans lesquelles une période de courte durée peut avoir acquis un caractère durable, par exemple en raison d’un contrat de travail de durée indéterminée ou parce que les autorités et le demandeur comprenaient dès le départ que le séjour avait vocation à être durable.

 

Le point pratique n’est donc pas que le temps sous permis L n’aide jamais. Il faut identifier pourquoi le permis L a été accordé et déterminer s’il peut être correctement traité comme pertinent pour la voie de permis C concernée.

 

Études, formation et recherche d’emploi avant un permis C


Les parcours liés aux études et à la formation exigent une attention particulière. L’Article 34(5) LEI / AIG prévoit que les séjours temporaires, y compris les séjours à des fins d’éducation ou de formation, ne sont pas pris en compte dans la période ininterrompue des cinq dernières années. Les périodes d’éducation ou de formation peuvent être créditées uniquement lorsque les conditions légales et les directives applicables sont remplies, notamment la période ultérieure de résidence durable et ininterrompue sous autorisation de séjour après l’achèvement de la formation.

 

Une personne ayant détenu des permis d’études suisses pendant plusieurs années avant de passer à l’emploi ne doit pas se fonder uniquement sur sa date d’arrivée. Les questions essentielles sont la date de fin de la période d’études ou de formation, la date à laquelle la résidence durable a commencé et le point de savoir si la période ultérieure sous autorisation de séjour est complète.

 

Le séjour de six mois pour recherche d’emploi après les études prévu par l’Article 21(3) LEI / AIG doit également être traité avec prudence. Les directives du SEM indiquent que cette période n’interrompt pas la période pertinente de cinq ans, mais que sa durée n’est pas comptabilisée dans le calcul au titre de l’Article 34(5) LEI / AIG.

 

Les permis L pour demandeurs d’emploi doivent donc être examinés en fonction de leur base juridique précise, de leur durée et de la transition ultérieure vers une résidence durable.

 

Les absences et interruptions de permis peuvent affecter le calendrier du permis C


Les parcours mixtes L/B deviennent souvent complexes en raison des interruptions plutôt qu’en raison de l’intitulé du premier permis. Une désinscription, une absence prolongée, du télétravail depuis l’étranger, un détachement, un changement de logement ou un intervalle entre deux permis peuvent tous affecter la continuité.

 

Les demandeurs doivent préparer un tableau des absences, et non se limiter à rassembler les cartes de permis. De courts retours en Suisse ne règlent pas nécessairement une difficulté de continuité lorsque le domicile, le travail et la vie familiale de la personne se sont effectivement déplacés à l’étranger. Les directives du SEM relatives à l’extinction et au maintien distinguent également le maintien d’un permis C existant pendant une absence de la preuve d’une résidence ininterrompue avant son obtention.

 

Les absences prolongées doivent donc être analysées avant le dépôt de la demande, en particulier lorsque la personne a quitté son logement suisse, modifié son centre de vie ou travaillé principalement depuis l’étranger.

 

Nationalité UE/AELE, accords d’établissement et voies familiales


Les droits de séjour des ressortissants UE/AELE et l’éligibilité au permis C suisse sont liés, mais ne sont pas identiques. L’ALCP / FZA ne crée pas en lui-même un droit uniforme et automatique au permis C pour chaque ressortissant UE/AELE après cinq ans. L’établissement est apprécié selon les règles suisses relatives à l’établissement, tout accord d’établissement applicable et les faits individuels de la personne. Les directives du SEM confirment que la LEI / AIG s’applique subsidiairement lorsque l’ALCP / FZA ne contient pas de dispositions différentes ou lorsque le droit suisse est plus favorable, notamment en matière d’établissement.

 

Certains demandeurs peuvent bénéficier d’une voie fondée sur la nationalité ou d’une voie familiale au titre de la LEI / AIG. Ces voies doivent être vérifiées séparément. Un conjoint, un enfant ou un autre membre de la famille ne doit pas supposer que la réponse dépend uniquement de la chronologie L/B ; la relation, la cohabitation, l’âge, l’intégration et les motifs de refus peuvent être déterminants.

 

Le regroupement familial en Suisse peut donc modifier l’analyse, mais il ne dispense pas d’examiner la base juridique, la durée et la continuité du séjour.

 

Preuves pour un parcours L vers C


Les exigences en matière de preuves dépendent du canton, de la voie choisie et des faits, mais les documents utiles peuvent comprendre des copies de permis, des attestations de résidence, des registres d’inscription, des contrats de travail, des preuves d’achèvement d’études, des certificats linguistiques, des extraits relatifs aux dettes et à l’aide sociale, des preuves fiscales ou salariales, des documents de logement et une chronologie des absences.

 

Les documents ne garantissent pas l’approbation. Leur objectif est de soutenir la voie juridique correcte et de traiter les risques liés au calendrier, à la continuité et à l’intégration avant le dépôt de la demande.

 

Contactez nos avocats en immigration en Suisse


Les avocats spécialisés en immigration suisse de Richmond Chambers Switzerland peuvent examiner votre historique de permis L et B, déterminer si votre période de résidence est complète, évaluer vos perspectives de permis C anticipé et vous conseiller sur les preuves, le calendrier et le traitement cantonal avant le dépôt de votre demande.

 

Pour organiser une réunion de première consultation, contactez Richmond Chambers Switzerland par téléphone au +41 21 588 07 70 ou remplissez notre formulaire en ligne.

 

Questions Fréquemment Posées : Permis C Suisse


Le Temps Passé Avec Un Permis L Compte-T-Il Pour Un Permis C Suisse ?

Le temps passé avec un permis L peut être pris en compte dans l’historique global de dix ans de séjour légal pour un permis C suisse. Il ne remplace toutefois généralement pas la période finale de séjour ininterrompu avec un permis de séjour, qui repose le plus souvent sur un permis B.

Puis-Je Demander Un Permis C Suisse Après Un Permis L Et Un Permis B ?

Il peut être possible de demander un permis C suisse après avoir détenu un permis L puis un permis B, selon l’ensemble de votre parcours de séjour. Les autorités examineront notamment les types de permis, la continuité du séjour, le motif du séjour, l’intégration et l’existence éventuelle de motifs de refus ou de révocation.

Le Permis L Compte-T-Il Pour Le Permis C Suisse Anticipé Après Cinq Ans ?

Le temps passé sous permis L doit être analysé avec prudence pour la voie du permis C suisse anticipé après cinq ans. Les séjours antérieurs de courte durée ou temporaires ne sont généralement pas comptabilisés, même si certains séjours courts peuvent être pertinents lorsqu’ils avaient un caractère durable dès le départ.

Quelle Est La Différence Entre Séjour Légal Et Séjour Qualifiant Pour Un Permis C Suisse ?

Un séjour légal signifie que vous résidiez légalement en Suisse. Un séjour qualifiant pour un permis C suisse est plus précis et dépend notamment de la catégorie de permis, de la continuité, du but du séjour et des exigences de la voie de règlement applicable.

Les Années D’Études Ou De Formation Comptent-Elles Pour Un Permis C Suisse ?

Les périodes d’études ou de formation sont examinées avec une attention particulière dans les demandes de permis C suisse. Les séjours temporaires liés aux études ou à la formation ne comptent normalement pas dans la période finale ininterrompue, sauf si les conditions légales et les directives applicables sont remplies après la fin des études ou de la formation.

Les Absences De Suisse Peuvent-Elles Affecter Une Demande De Permis C Suisse ?

Oui, les absences de Suisse peuvent affecter le calcul du délai pour un permis C, surtout en cas d’interruption de permis, de départ annoncé, de séjour prolongé à l’étranger ou de transfert de la vie professionnelle et familiale hors de Suisse. Il est conseillé de préparer une chronologie claire des absences avant de déposer la demande.

Les Ressortissants UE/AELE Obtiennent-Ils Automatiquement Un Permis C Suisse Après Cinq Ans ?

Les ressortissants UE/AELE ne reçoivent pas automatiquement un permis C suisse après cinq ans dans tous les cas. Le règlement est évalué selon les règles suisses, tout accord d’établissement applicable et les circonstances individuelles du demandeur.

Quels Documents Sont Utiles Pour Une Demande De Permis C Suisse Après Un Permis L ?

Les documents utiles peuvent inclure les copies de permis, attestations de résidence, registres d’inscription, contrats de travail, preuves de fin d’études, certificats de langue, documents fiscaux ou salariaux, justificatifs de logement et tableau des absences. Ces éléments servent à démontrer la voie applicable, le calendrier, la continuité du séjour et l’intégration avant le dépôt de la demande.


Cet article résume le droit suisse de l’immigration et les directives applicables à la date de rédaction. Les faits individuels, les preuves, le traitement cantonal et la situation procédurale peuvent affecter l’issue. Il est fourni à titre d’information générale uniquement et ne constitue pas un conseil juridique.

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