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Permis de travail suisses : quelle voie s’applique aux ressortissants de l’UE/AELE, du Royaume-Uni et des États tiers ?

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    Paul Richmond
  • il y a 1 jour
  • 9 min de lecture
Permis de travail suisses : quelle voie s’applique aux ressortissants de l’UE/AELE, du Royaume-Uni et des États tiers ?

La Suisse ne connaît pas de voie générale unique de « permis de travail suisse ». L’analyse correcte en matière d’immigration suisse commence par quatre questions : la nationalité, le lieu où se trouve l’employeur, l’activité exercée et la durée. Un ingénieur logiciel allemand, une cheffe de projet croate, un directeur commercial britannique et une spécialiste américaine en intelligence artificielle peuvent tous travailler pour la même entreprise suisse, tout en relevant de règles différentes en matière d’autorisation de travail en Suisse.

 

Pourquoi la nationalité est déterminante dans les dossiers de permis de travail suisses


La Suisse applique un système dual. Les ressortissants de l’UE/AELE sont généralement examinés dans le cadre de l’Accord sur la libre circulation des personnes, ou ALCP/FZA, de la Convention AELE et des règles suisses d’exécution, notamment l’OLCP/VEP. Les ressortissants d’États tiers sont examinés au regard de la loi fédérale sur les étrangers et l’intégration, LEI/AIG, et de l’ordonnance relative à l’admission, au séjour et à l’exercice d’une activité lucrative, OASA/VZAE.

 

Cette distinction détermine si la personne peut recourir à la procédure de notification, s’enregistrer localement, demander une autorisation de séjour ou avoir besoin d’une approbation complète, cantonale et fédérale, du permis de travail. Elle détermine également qui dépose la demande et à quel moment l’activité peut commencer légalement.

 

Les ressortissants croates doivent désormais être traités, aux fins de l’exercice d’une activité lucrative, dans le cadre ordinaire de la libre circulation applicable aux ressortissants de l’UE. Le Conseil fédéral a confirmé le 14 janvier 2026 que les seuils permettant de réactiver la clause de sauvegarde croate n’avaient pas été atteints et que la Croatie bénéficie de la pleine libre circulation des personnes.

 

Les ressortissants de l’UE/AELE peuvent-ils travailler en Suisse sans demande complète de permis ?


Pour les ressortissants de l’UE/AELE employés directement par une entreprise suisse, une activité de courte durée allant jusqu’à trois mois par année civile est généralement traitée au moyen de la procédure de notification plutôt que par une autorisation de séjour. L’employeur doit déposer l’annonce électronique avant le début du travail. Pour un emploi de plus longue durée, le salarié doit s’enregistrer auprès de la commune de résidence et obtenir l’autorisation appropriée, généralement un permis L, B ou G selon la résidence, la durée et le mode de déplacement transfrontalier.

 

Le permis C ne doit pas être présenté comme une voie de permis de travail pour une personne nouvellement arrivée. Il s’agit d’un statut d’établissement, qui ne devient pertinent que si la personne le détient déjà ou si elle remplit ultérieurement les conditions d’établissement.

 

Les ressortissants britanniques sont-ils traités comme des ressortissants d’États tiers ?


Pour les nouveaux déplacements professionnels vers la Suisse, oui. Les ressortissants britanniques venant travailler en Suisse après le 31 décembre 2020 sont traités comme des ressortissants d’États tiers et doivent obtenir une autorisation avant de commencer leur emploi. Le quota distinct applicable au Royaume-Uni ne replace pas les ressortissants britanniques dans le système UE/AELE ; il s’agit d’une allocation numérique séparée pour les dossiers britanniques admissibles.

 

Les ressortissants britanniques ayant acquis des droits au titre de l’ALCP/FZA avant la fin de la période de transition liée au Brexit peuvent se trouver dans une situation différente. Ces droits acquis doivent être établis par des preuves ; ils ne doivent pas être présumés au seul motif que la personne est britannique ou s’est déjà rendue en Suisse.

 

Les prestataires de services britanniques peuvent également nécessiter une analyse distincte au regard de l’accord Suisse–Royaume-Uni sur la mobilité des fournisseurs de services, qui se distingue de la prise d’un emploi local en Suisse par un ressortissant britannique.

 

Quand un permis de travail suisse est-il requis pour les ressortissants d’États tiers ?


Pour les ressortissants d’États tiers, le point de départ est l’article 11 LEI/AIG : les étrangers qui souhaitent exercer une activité lucrative en Suisse doivent disposer d’une autorisation. En cas d’emploi salarié, l’employeur suisse dépose normalement la demande.

 

L’admission en vue de l’exercice d’une activité lucrative est principalement régie par les articles 18 à 24 LEI/AIG. L’employeur doit généralement démontrer l’intérêt économique suisse, la disponibilité des contingents 2026, la priorité du marché du travail, des conditions de salaire et de travail usuelles dans la région et la branche, des qualifications appropriées ainsi qu’un logement adéquat. Le SEM décrit l’admission des ressortissants d’États tiers comme visant les cadres, spécialistes et autres travailleurs qualifiés lorsque l’admission est justifiée par les intérêts de la Suisse et de son économie.

 

Pour 2026, le Conseil fédéral a maintenu inchangés les principaux nombres maximums : 8 500 permis pour les travailleurs qualifiés et spécialistes ressortissants d’États tiers, soit 4 500 permis B et 4 000 permis L ; ainsi que 3 500 permis pour les ressortissants du Royaume-Uni, soit 2 100 permis B et 1 400 permis L. La disponibilité d’un contingent est nécessaire, mais elle ne suffit pas : les critères matériels d’admission doivent toujours être remplis.

 

Visiteurs d’affaires, travailleurs détachés et travail productif


Un droit de court séjour Schengen permet une présence jusqu’à 90 jours sur toute période de 180 jours. Il n’autorise pas, à lui seul, l’exercice d’un travail productif en Suisse.

 

Les réunions, négociations, participations à des conférences et certaines formes de formation non productive peuvent relever d’une activité de visiteur d’affaires. En revanche, la prestation de services à un client, la mise en œuvre, la réparation, l’installation, la formation opérationnelle et le travail pratique sur un projet nécessitent une analyse de l’autorisation de travail suisse.

 

Ce point est particulièrement important pour les employeurs étrangers qui envoient du personnel en Suisse. L’emploi local en Suisse, le détachement depuis un employeur de l’UE/AELE, le détachement depuis un employeur hors UE/AELE, l’activité indépendante, le transfert intra-groupe, le travail à distance et la visite d’affaires sont des catégories distinctes. Une voie légale pour une catégorie peut être indisponible pour une autre.

 

Travail de courte durée en Suisse : notification, enregistrement ou permis ?


La Suisse utilise plusieurs seuils temporels qui sont souvent confondus.

 

Pour les ressortissants de l’UE/AELE employés par une entreprise suisse pour une durée allant jusqu’à trois mois par année civile, la procédure de notification peut s’appliquer. Pour les travailleurs détachés et les prestataires de services indépendants provenant d’États de l’UE/AELE, la procédure de notification prévue par l’ALCP/FZA peut être disponible jusqu’à 90 jours de travail par année civile, sous réserve des règles et exceptions applicables à l’activité et au secteur. Le SEM confirme que les travailleurs détachés et les prestataires de services indépendants doivent généralement annoncer l’activité au moins huit jours avant le début du travail, tandis que certains secteurs exigent une annonce dès le premier jour.

 

Au-delà du seuil de notification applicable, une demande de permis est requise et il n’existe pas de droit général à l’approbation. Pour les ressortissants d’États tiers, le travail de courte durée en Suisse peut impliquer une autorisation de court séjour, mais la voie correcte dépend de la fonction, de l’employeur, de la durée, de la nationalité, de l’obligation de visa et de la question de savoir si l’activité remplit les critères d’admission.

 

Location de services, employeur de référence et structures de paie


Les employeurs ne doivent pas supposer qu’un employeur de référence, une société de paie ou un montage de conseil étranger résout la question de l’immigration suisse. Les autorités suisses examinent la relation de travail réelle, et pas seulement l’intitulé contractuel.

 

La location de services et le placement de personnel sont réglementés. Le SEM indique que la location directe et indirecte de services depuis l’étranger n’est pas autorisée et que la procédure de notification ne s’applique pas à la location de services ni aux services de placement de personnel fournis par des prestataires de services de l’UE/AELE.

 

Ce point doit être vérifié avant de s’appuyer sur un modèle d’employeur de référence, une société de paie ou une structure de conseil pour du travail en Suisse.

 

Comment les employeurs doivent classifier un dossier de travail en Suisse


La séquence la plus sûre est simple :

 

  • Identifier la nationalité du travailleur et tout statut protégé.

 

  • Identifier l’employeur réel, l’hôte suisse et le lieu de travail.

 

  • Définir l’activité et déterminer si un travail productif sera effectué.

 

  • Compter avec précision les jours de travail en Suisse et les jours Schengen.

 

  • Choisir entre le statut de visiteur, la notification, l’enregistrement ou l’approbation complète d’un permis.

 

Les lettres d’offre destinées aux ressortissants étrangers devraient normalement être conditionnées à l’obtention de toute autorisation suisse de travail et de séjour requise. Les équipes de projet ne devraient pas promettre des dates de livraison à des clients suisses tant que la classification immigration n’est pas achevée.

 

Un court formulaire interne de mobilité suisse constitue souvent le meilleur contrôle interne. Il devrait recueillir la nationalité, l’employeur, l’hôte suisse, l’activité, les dates, les voyages précédents en Suisse et dans l’espace Schengen, le lieu de travail et l’existence ou non d’un travail productif. Utilisé de manière cohérente, il permet d’éviter de nombreuses violations accidentelles.

 

Principales références relatives aux permis de travail suisses


Le cadre juridique principal comprend les articles 11 et 18 à 24 LEI/AIG, l’OASA/VZAE, les directives du SEM, l’ALCP/FZA, l’OLCP/VEP, la Convention AELE, les règles relatives au court séjour Schengen, la loi sur les travailleurs détachés et la loi sur le service de l’emploi. L’autorité compétente et la procédure dépendent du canton, du lieu de travail, de la structure de l’employeur et de la catégorie de travail.

 

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Pour organiser une réunion de première consultation, contactez Richmond Chambers Switzerland par téléphone au +41 21 588 07 70 ou complétez notre formulaire de demande de renseignements.


Questions Fréquemment Posées : Permis de Travail Suisses


Qui a besoin d’un permis de travail suisse ?

L’autorisation de travailler en Suisse dépend de la nationalité, du lieu de l’employeur, de l’activité exercée et de la durée du séjour. Les ressortissants de l’UE/AELE, les ressortissants britanniques et les ressortissants d’États tiers peuvent relever de régimes différents, même lorsqu’ils travaillent pour la même entreprise suisse.

Les ressortissants de l’UE/AELE peuvent-ils travailler en Suisse sans demande complète de permis ?

Les ressortissants de l’UE/AELE employés directement par une entreprise suisse peuvent souvent utiliser la procédure d’annonce pour une activité allant jusqu’à trois mois par année civile. Pour une activité plus longue, ils doivent en principe s’annoncer auprès de la commune de résidence et obtenir le permis suisse approprié, par exemple un permis L, B ou G.

Les ressortissants britanniques ont-ils besoin d’un permis de travail suisse depuis le Brexit ?

Les ressortissants britanniques qui viennent travailler en Suisse après le 31 décembre 2020 sont traités comme des ressortissants d’États tiers et doivent obtenir une autorisation avant de commencer leur activité. Les personnes bénéficiant de droits acquis avant la fin de la période de transition du Brexit peuvent relever d’un autre régime, mais ces droits doivent être prouvés.

Quelles sont les principales conditions pour obtenir un permis de travail suisse pour un ressortissant d’un État tiers ?

Pour les ressortissants d’États tiers, l’employeur suisse dépose généralement la demande et doit satisfaire aux critères d’admission prévus par le droit suisse de l’immigration. Ces critères peuvent inclure l’intérêt économique, la disponibilité des contingents, la priorité du marché du travail, les qualifications appropriées, les conditions de salaire et de travail, ainsi qu’un logement adéquat.

Un court séjour Schengen permet-il de travailler en Suisse ?

Non. Un droit de court séjour Schengen permet une présence jusqu’à 90 jours sur une période de 180 jours, mais il n’autorise pas à lui seul l’exercice d’une activité productive en Suisse. La livraison de services à un client, l’implémentation, l’installation, la réparation ou le travail opérationnel sur un projet nécessitent une analyse d’autorisation de travail suisse.

Quand la procédure d’annonce suisse peut-elle être utilisée pour un travail de courte durée ?

La procédure d’annonce peut s’appliquer à certaines activités de courte durée relevant du régime UE/AELE, notamment à un emploi direct en Suisse jusqu’à trois mois par année civile et à certains cas de travailleurs détachés ou de prestataires indépendants jusqu’à 90 jours de travail par année civile. Les règles dépendent du statut du travailleur, de la structure de l’employeur, de l’activité, du secteur et du calendrier.

Une société de portage salarial ou un Employer of Record permet-il d’éviter les règles suisses de permis de travail ?

Non. Les autorités suisses examinent la relation de travail réelle, et pas seulement l’intitulé du contrat. Les structures d’Employer of Record, de paie, de conseil ou de location de services doivent donc faire l’objet d’une analyse attentive en matière d’immigration et de droit du travail suisses.


Cet article résume le droit suisse de l’immigration et les orientations applicables à la date de sa rédaction. Les faits individuels, les preuves, le traitement cantonal et la situation procédurale peuvent influer sur l’issue. Il est fourni à titre d’information générale uniquement et ne constitue pas un conseil juridique.

 


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