Visa britannique pour membre adulte à charge d'un parent : prouver l'absence de prise en charge à l'étranger
- Paul Richmond
- il y a 16 heures
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Le visa de parent adulte dépendant (ADR) est l'une des voies d'accès au regroupement familial les plus exigeantes au Royaume-Uni. Les preuves requises sont élevées, les autorités appliquent les règles avec rigueur et les refus reposent généralement sur un seul argument : que le niveau de soins personnels à long terme nécessaire au demandeur peut être obtenu dans son pays d'origine, auprès de sa famille ou par le biais de services payants, et qu'il n'est donc pas nécessaire que le demandeur vienne au Royaume-Uni.
Cet article explique comment la question des « soins disponibles à l’étranger » est abordée au regard des règles d’immigration, les raisons du rejet des demandes, les preuves médicales et relatives aux soins généralement prises en compte, et comment présenter un récit crédible des besoins en matière de soins sans exagération. L’objectif n’est pas d’encourager les demandes standardisées, mais d’aider les demandeurs à comprendre ce que le ministère de l’Intérieur évalue réellement et comment y répondre de manière rigoureuse et juridiquement cohérente.
1. Le cadre juridique : à quoi sert la procédure relative aux personnes à charge adultes
Une demande de règlement extrajudiciaire des différends (RED) n'est pas une procédure générale de regroupement familial et ne vise pas à satisfaire une préférence pour vivre près de ses enfants adultes au Royaume-Uni. Elle est destinée aux situations de dépendance réelle où, en raison de leur âge, d'une maladie ou d'un handicap, le demandeur a besoin de soins personnels de longue durée pour accomplir les actes de la vie quotidienne et ne peut obtenir les soins nécessaires dans son pays de résidence, même avec le soutien financier du garant britannique.
En pratique, cela signifie que deux questions interdépendantes dominent la plupart des dossiers. Premièrement, le demandeur a-t-il réellement besoin d'une « assistance personnelle de longue durée » pour les activités de la vie quotidienne ? Deuxièmement, si oui, cette assistance est-elle indisponible ou trop coûteuse dans le pays de résidence du demandeur, et pourquoi ? L'importance accordée par le ministère de l'Intérieur à la disponibilité de cette assistance à l'étranger n'est pas fortuite : il s'agit d'un élément central de la procédure et du domaine où les preuves sont le plus souvent minces, trop générales ou incohérentes.
Il est également important de comprendre que le ministère de l'Intérieur évalue la « disponibilité » au sens pratique du terme. La simple présence d'établissements d'hébergement pour personnes âgées, d'agences, d'infirmiers ou d'aides à domicile quelque part dans le pays ne suffit pas à répondre à la question. Inversement, il est rarement suffisant d'affirmer que « les soins sont de mauvaise qualité » ou que « les infrastructures sont limitées » sans démontrer pourquoi le demandeur ne peut pas, en réalité, accéder à des soins adaptés à son lieu de résidence (ou au lieu où il pourrait raisonnablement déménager), compte tenu de sa situation, de sa sécurité et du réseau de soutien dont il dispose réellement.
2. Comprendre le seuil des « soins personnels de longue durée » : tâches quotidiennes et besoins fonctionnels
De nombreux refus de prise en charge extrajudiciaire interviennent avant même d'aborder la question des soins disponibles à l'étranger : les décideurs estiment d'emblée que les besoins du demandeur ne justifient pas une prise en charge à long terme. L'évaluation porte sur les capacités fonctionnelles, et non uniquement sur les diagnostics.
Un dossier convaincant traduit donc les problèmes de santé en conséquences pratiques. Les décideurs recherchent généralement des preuves claires d'incapacité (ou d'incapacité dangereuse) à accomplir les activités quotidiennes sans aide, comme se laver, s'habiller, aller aux toilettes, préparer ses repas, prendre ses médicaments régulièrement, se déplacer en toute sécurité et gérer les tâches ménagères courantes. Les preuves les plus solides établissent souvent la distinction entre ce que le demandeur peut faire occasionnellement et ce qu'il peut faire de manière constante et sûre sur la durée. Elles prennent également en compte les risques : par exemple, les chutes, la confusion, le risque d'aspiration, l'oubli de prendre ses médicaments ou l'incapacité à réagir adéquatement en cas d'urgence.
Les demandes les plus efficaces présentent les besoins de soins comme stables et à long terme, étayés par des preuves cliniques et des évaluations des soins, plutôt que comme épisodiques. Lorsque les besoins fluctuent, les preuves doivent expliquer leur évolution et justifier qu'ils constituent néanmoins un besoin à long terme (par exemple, affections évolutives, démence, maladie de Parkinson, séquelles d'AVC, arthrite sévère avec chutes répétées ou déficience visuelle importante avec mobilité réduite). Un certificat médical énumérant des affections sans préciser leur impact fonctionnel est rarement suffisant ; de même, une demande qui exagère l'incapacité au point de contredire les notes médicales peut nuire gravement à sa crédibilité.
3. Le principal motif de refus : comment le ministère de l’Intérieur analyse les « soins disponibles » dans le pays d’origine
Lorsque le ministère de l'Intérieur refuse une demande au motif que des soins sont disponibles à l'étranger, la décision suit souvent un schéma bien défini. L'autorité décisionnaire reconnaît (totalement ou partiellement) que le demandeur a besoin de soins, puis conclut que : a) des membres de sa famille dans son pays d'origine peuvent répondre à ces besoins ; b) des soins professionnels peuvent être achetés ; c) le demandeur peut raisonnablement déménager à l'intérieur du pays pour accéder aux soins ; ou d) les éléments de preuve ne démontrent aucune tentative réelle d'obtenir des soins.
Pour contrer cela, une demande doit aller au-delà de la simple affirmation que « les soins sont indisponibles ». Elle doit présenter un tableau réaliste des soins requis et de ceux qui ont déjà été tentés, des options existantes et des raisons pour lesquelles chacune d'elles s'avère inefficace dans la situation particulière du demandeur.
La notion de « disponibilité » ne se limite pas à des services théoriques. Le ministère de l'Intérieur exigera souvent des preuves de l'existence de soins appropriés à proximité, de leur accessibilité compte tenu de la mobilité et de l'état de santé du demandeur, de leur fiabilité et de leur conformité au niveau requis (par exemple, soins personnels quotidiens, surveillance de nuit ou soins infirmiers spécialisés). Si le demandeur a besoin d'une surveillance pour la démence et d'une gestion de ses médicaments, il est généralement inutile de fournir uniquement des informations générales sur les aides à domicile ou les établissements d'hébergement pour personnes âgées sans préciser si ces services garantissent une surveillance sécurisée, une formation adéquate, la protection des personnes concernées et la continuité des soins.
La capacité financière est également examinée avec soin. Les règles d'immigration (et leur application) prévoient généralement que le garant britannique peut financer les soins à l'étranger si cela répond aux besoins. Par conséquent, l'argument « nous n'avons pas les moyens » est souvent rejeté lorsque le garant a les moyens de payer. Les dossiers qui aboutissent sont généralement ceux où les preuves démontrent soit l'impossibilité d'obtenir des soins appropriés, soit l'impossibilité de les obtenir même avec l'aide financière du garant en raison de facteurs tels que l'indisponibilité locale, le manque de prestataires adaptés ou des obstacles liés à la situation personnelle du demandeur.
Si le ministère de l'Intérieur compte sur le soutien familial, la question se pose : existe-t-il réellement une personne capable de fournir les soins requis, et est-il raisonnable de l'exiger ? Il ne suffit pas d'affirmer que les proches sont « occupés » ou « ont leur propre vie ». Toutefois, il peut être très pertinent de le préciser si les seuls proches disponibles sont eux-mêmes âgés, malades, vivent loin, ont des responsabilités familiales incompatibles avec une prise en charge directe, ou sont en conflit avec la famille ou font l'objet de mesures de protection. L'objectif est de démontrer les limitations sans dénigrer les membres de la famille ni faire de déclarations exagérées.
4. Quelles preuves sont pertinentes : les preuves médicales, fonctionnelles et relatives au marché des soins qui répondent au test
Un motif fréquent de refus est que les preuves sont soit « trop médicales » (diagnostics sans implications pour les soins), soit « trop générales » (affirmations à l'échelle du pays sans illustration de la réalité vécue par le demandeur). Les dossiers solides combinent généralement trois éléments : des preuves cliniques, des preuves d'évaluation fonctionnelle et des données sur les options de soins disponibles dans la région concernée.
Les données cliniques les plus pertinentes sont celles qui sont récentes, émanent d'un clinicien traitant et expliquent le pronostic et l'impact fonctionnel. Elles doivent préciser les soins nécessaires et leur justification. Par exemple, la phrase « nécessite une aide pour la toilette et l'habillage en raison de la douleur et d'une mobilité réduite ; risque de chutes répétées empêchant toute mobilisation sans surveillance » est plus convaincante que « souffre d'arthrose ».
Les données fonctionnelles sont souvent déterminantes. Lorsqu'elles sont disponibles, une évaluation en ergothérapie, une évaluation gériatrique, une évaluation fonctionnelle par un neurologue ou une évaluation formelle des besoins en soins peuvent s'avérer très utiles, car elles mettent l'accent sur les capacités et les incapacités du demandeur. Ces évaluations doivent préciser la fréquence et la durée des soins (quotidiennement, plusieurs fois par jour, avec nuitée), la nécessité d'une assistance par une personne qualifiée et le besoin d'une supervision plutôt que d'une simple aide physique.
Les informations relatives aux options de soins à l'étranger doivent être ancrées dans la réalité locale du demandeur. Les décideurs se montrent sceptiques face aux documents génériques trouvés sur Internet. Des preuves plus convaincantes pourraient inclure des réponses écrites d'organismes de soins ou de prestataires de soins infirmiers locaux confirmant les services qu'ils proposent, leur niveau et leur capacité à répondre aux besoins du demandeur (par exemple, la surveillance des personnes atteintes de démence, les soins liés à une sonde urinaire, la gestion de l'insuline). Si le demandeur envisage le recours à des maisons de retraite, les preuves doivent porter sur les critères d'admission, la disponibilité et l'adéquation des établissements, et non se contenter de mentionner leur existence. En cas d'absence de services locaux, les preuves doivent également le démontrer, puis aborder la question de la faisabilité d'un déménagement compte tenu de la santé du demandeur, de son réseau de soutien, de ses compétences linguistiques et de sa sécurité.
Lorsque l'argument avancé est que la famille ne peut pas assurer les soins, les preuves doivent être présentées avec prudence et proportionnalité : les déclarations des membres de la famille expliquant leur situation, leurs problèmes médicaux, leurs contraintes professionnelles, leurs responsabilités de soins, la distance et les limitations pratiques peuvent être utiles si elles sont cohérentes et non exagérées. L'objectif est de démontrer qu'il n'existe aucune solution réaliste et durable permettant de répondre aux besoins de soins identifiés.
Deux points méritent d'être soulignés. Premièrement, la cohérence est essentielle : si la demande indique que le demandeur ne peut en aucun cas être laissé seul, mais que les preuves médicales suggèrent qu'il vit de manière autonome avec un soutien ponctuel, la crédibilité en sera compromise. Deuxièmement, les preuves ne doivent pas donner l'impression d'avoir été artificiellement conçues pour répondre à la règle : elles doivent témoigner d'une véritable démarche visant à évaluer les besoins et à explorer les options de prise en charge.
5. Élaborer un récit convaincant des besoins en soins : spécificité, crédibilité et causalité
Les décisions prises en matière de règlement alternatif des différends étant largement fondées sur des preuves, le récit doit établir un lien structuré entre les documents et les critères juridiques. Une approche utile consiste à présenter les faits comme une succession de problèmes et de solutions tentées.
Commencez par un état des lieux : le lieu de résidence du demandeur, son quotidien et son autonomie. Décrivez ensuite comment son état de santé se traduit par des besoins spécifiques en matière de soins, en utilisant la même terminologie et les mêmes concepts que dans l’évaluation des besoins (par exemple, aide à la toilette, rappel pour la prise de médicaments, surveillance pour prévenir les risques). Le descriptif doit ensuite expliquer le dispositif de soins existant, le cas échéant, et pourquoi il est insuffisant. Si le demandeur bénéficie actuellement d’une aide ponctuelle, expliquez pourquoi cette aide ne peut répondre à un besoin à long terme.
Ensuite, expliquez les démarches entreprises dans votre pays d'origine. Les décideurs recherchent souvent des preuves de tentatives d'accès aux soins : demandes de renseignements, prestataires contactés, services proposés, coûts et obstacles pratiques. Même si le demandeur réside dans un pays où les services de soins sont limités, la question est de savoir si des soins adaptés sont réellement accessibles à cette personne, à cet endroit et à ce moment précis. Votre récit doit donc être concret : mentionnez les villes ou régions, décrivez les difficultés de déplacement et expliquez pourquoi, dans la réalité, les solutions proposées échouent.
Éviter l'exagération n'est pas seulement une question d'éthique ; c'est aussi une question de stratégie. L'exagération incite le ministère de l'Intérieur à vérifier la plausibilité du récit. Si le demandeur est déclaré totalement immobile, l'autorité compétente peut s'enquérir de sa capacité à se rendre à ses rendez-vous médicaux, à vivre chez lui ou à expliquer l'absence d'hospitalisation. Si le demandeur est déclaré « sans soutien familial », alors qu'il a des proches à proximité, cela risque d'entraîner un refus. Un récit plus crédible reconnaît le soutien existant et explique en quoi il ne correspond pas au niveau de soins requis.
Il est également judicieux d'anticiper les arguments que pourrait avancer le ministère de l'Intérieur. Si le garant en a les moyens financiers, la demande ne devrait pas reposer principalement sur la capacité financière. Elle devrait plutôt mettre l'accent sur l'adéquation et la disponibilité des services : par exemple, l'absence de prestataires agréés, l'impossibilité de trouver des soignants réguliers, les risques pour la protection de l'enfance ou le besoin d'une supervision difficilement réalisable. Si le demandeur pourrait théoriquement déménager, il devrait expliquer pourquoi un déménagement serait déraisonnable compte tenu de ses besoins médicaux, de son attachement à un environnement familier et de l'absence de réseau de soutien ailleurs.
6. Les pièges courants qui entraînent des refus concernant les « soins disponibles à l’étranger »
Les refus sont souvent dus à des faiblesses prévisibles dans les preuves et la présentation. Un problème récurrent consiste à se fier à une simple lettre succincte d'un médecin généraliste indiquant que le demandeur « a besoin de soins », sans préciser la nature, le niveau et la durée des soins requis. Un autre problème est la fourniture d'un rapport sur les « conditions du pays » qui décrit les carences générales du système de santé, mais n'aborde pas la question de savoir si une aide à la personne pour les actes de la vie quotidienne peut être organisée pour le demandeur.
Un autre écueil consiste à ne pas expliquer avec suffisamment de précision la situation familiale. Lorsque le ministère de l'Intérieur rencontre des proches adultes résidant à l'étranger, il présume souvent qu'ils peuvent apporter leur aide, sauf si la demande fournit une explication claire et étayée. De vagues allusions à un manque de temps des proches sont rarement convaincantes ; un refus peut souvent être évité en expliquant la réalité pratique de manière mesurée, en s'appuyant sur des déclarations et, le cas échéant, sur des preuves médicales concernant les limitations des proches.
Les demandes sont également rejetées lorsqu'elles ignorent la capacité du garant à financer les soins à l'étranger. Si le garant peut financer les soins, le dossier doit clairement expliquer pourquoi ce financement ne résout pas le problème. Cela peut être dû au fait que les seuls services disponibles n'offrent pas le niveau de soins nécessaire, à l'absence de personnel qualifié et fiable, ou encore au fait que le demandeur a besoin d'une supervision ou d'une protection qui ne peut être assurée.
Enfin, des problèmes de crédibilité peuvent survenir lorsque la demande présente la situation comme soudainement impossible, sans aucun document justificatif. Les affections évolutives génèrent généralement un dossier complet : rendez-vous médicaux, ordonnances, courriers d’hôpital, prescriptions de thérapeutes, rapports de chute ou évaluations des soins. Lorsque ce dossier est incomplet, il est important d’en expliquer la raison, plutôt que d’espérer que le ministère de l’Intérieur déduise la gravité de la situation à partir d’une simple affirmation.
Conclusion : satisfaire au critère en démontrant le besoin, puis en démontrant l’échec des solutions étrangères
Une demande d'aménagement raisonnable (ADR) susceptible d'aboutir remplit généralement deux conditions essentielles. Elle démontre, par des preuves précises et cohérentes, que le demandeur a besoin d'une assistance personnelle de longue durée pour les actes de la vie quotidienne. Elle prouve ensuite, avec la même précision, que cette assistance ne peut être obtenue dans son pays de résidence, même avec le soutien financier du garant britannique, car une prise en charge adaptée n'est ni disponible ni accessible à cette personne.
La question de l’accès aux soins à l’étranger se résout rarement par de simples déclarations. Elle repose sur une analyse rigoureuse des données médicales, des évaluations fonctionnelles et des exemples concrets d’options de soins et d’échecs. Le discours doit être franc et mesuré, reconnaissant la complexité de la situation et les aides existantes, et expliquant pourquoi ces dispositifs ne répondent pas aux exigences des soins de longue durée. Dans un contexte où les décideurs attendent de la précision, la crédibilité est souvent un atout déterminant.
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