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Visa de fiancé(e) suisse ou mariage préalable ? Choisir la voie d’immigration suisse la plus sûre

Visa de fiancé(e) suisse ou mariage préalable ? Choisir la voie d’immigration suisse la plus sûre

Si vous souhaitez épouser un citoyen suisse ou une personne résidant en Suisse, la première question n’est pas seulement de savoir où le mariage doit avoir lieu. Il s’agit aussi de déterminer si votre situation migratoire est plus solide avant ou après l’existence juridique du mariage.

 

La Suisse ne prévoit pas un simple « visa de fiancé(e) suisse » automatique qui placerait le ou la partenaire fiancé(e) dans la même situation qu’un conjoint demandant le regroupement familial. En pratique, les couples doivent généralement choisir entre une stratégie de mariage prévu, un mariage lors d’un court séjour, ou un mariage préalable à l’étranger suivi d’une demande en qualité de conjoints.

 

Cet article explique la différence entre ces options, les risques liés à l’entrée en Suisse comme visiteur, ainsi que les vérifications que les couples devraient effectuer avant de décider de se marier en Suisse ou à l’étranger.

 

Visa de fiancé(e) suisse : que signifie-t-il réellement ?


Avant le mariage, le dossier combine généralement la préparation du mariage selon les règles suisses de l’état civil, les règles de visa ou d’entrée, et les considérations relatives au séjour temporaire. Il ne s’agit pas encore d’une demande ordinaire de regroupement familial du conjoint au sens des articles 42 à 45 LEI.

 

Une fois qu’un mariage juridiquement valable existe, le conjoint étranger peut déposer une demande selon la voie de regroupement familial correspondant au statut du répondant. Il peut s’agir de la voie applicable au conjoint d’un citoyen suisse, de la voie liée au permis C, de celle liée au permis B ou L, ou, pour les répondants ressortissants de l’UE/AELE, du régime distinct de libre circulation prévu par l’ALCP.

 

Les fiançailles seules ne créent pas un droit d’entrer en Suisse, de rester en Suisse ou de travailler en Suisse. La stratégie appropriée dépend de la nationalité, des exigences de visa, de la disponibilité des documents, de la régularité du séjour, du statut du répondant et de la question de savoir si le couple entend vivre ensemble en Suisse immédiatement après la cérémonie.

 

Se marier en Suisse ou se marier d’abord à l’étranger ?


Voie

Quand elle est utilisée

Risque principal

Après le mariage

Mariage prévu en Suisse

Le couple souhaite accomplir la préparation du mariage en Suisse et se marier en Suisse avant que la voie du conjoint n’existe

L’autorisation de se marier est distincte de l’autorisation d’entrer ou de séjourner

Une demande de séjour comme conjoint doit encore être étayée

Mariage pendant un séjour de visite

Le partenaire étranger entre pour un court séjour et se marie pendant ce séjour

Le statut de court séjour peut expirer avant que le séjour ne soit autorisé

Le conjoint peut devoir attendre la décision à l’étranger en vertu de l’article 17 LEI

Mariage préalable à l’étranger, puis demande

Le couple est déjà légalement marié ou peut se marier à l’étranger de manière fiable

La reconnaissance, l’inscription ou la vérification des documents peut affecter le calendrier

Le dossier suit la voie du regroupement familial du conjoint, généralement liée à une autorisation d’entrée ou à un visa national D lorsque celui-ci est requis


Se marier d’abord à l’étranger peut être plus clair sur le plan procédural lorsque les documents de mariage sont fiables et que la voie du conjoint est solide. Se marier en Suisse peut également être judicieux lorsque les documents d’état civil sont prêts, que le séjour légal est assuré, que la cérémonie est réaliste et que le futur dossier de séjour a déjà été évalué.

 

L’autorisation de se marier n’est pas une autorisation de vivre en Suisse


Un office de l’état civil suisse répond à une question : le mariage peut-il avoir lieu selon les règles suisses de l’état civil ? L’autorité migratoire répond à une autre question : le ou la fiancé(e) étranger(ère) peut-il ou peut-elle entrer, rester ou résider en Suisse ?

 

Un mariage en Suisse exige une procédure préparatoire du mariage avant la cérémonie. Les documents étrangers peuvent devoir être traduits, légalisés, apostillés ou vérifiés. Les retards dans les documents d’état civil peuvent donc créer un risque migratoire, en particulier lorsque le partenaire étranger se trouve déjà en Suisse dans le cadre d’un séjour limité dans le temps.

 

Les preuves typiques peuvent inclure les passeports, les certificats d’état civil, les jugements de divorce ou actes de décès le cas échéant, les traductions, légalisations ou apostilles, la preuve du séjour légal et la correspondance avec l’office de l’état civil. Il ne s’agit que d’exemples. Les exigences dépendent des faits, de la voie choisie, du canton, du pays d’origine, du calendrier et de la situation procédurale.

 

Quand une stratégie de mariage prévu peut fonctionner


Les directives du SEM reconnaissent que, dans certains cas, un séjour temporaire en vue de la préparation du mariage peut être autorisé. Il ne s’agit pas d’un droit général pour tous les couples fiancés. Cette voie doit être soigneusement étayée, notamment par un projet de mariage réel et imminent ainsi que par une base réaliste d’admission après le mariage.

 

En pratique, le couple devrait généralement être en mesure de démontrer que les démarches d’état civil sont en cours, que la relation est authentique et que la future voie de séjour comme conjoint a été examinée avant le dépôt de la demande.

 

Par exemple, un couple dont le répondant dispose d’un logement approprié, de finances stables lorsque cela est pertinent, de documents d’état civil complets et d’une voie de séjour claire après le mariage se trouve dans une situation différente d’un couple ayant des documents manquants, un séjour de visite arrivant à échéance et aucune évaluation des conditions du permis de conjoint.

 

Le piège du séjour de visite : une visite pour se marier n’est pas une passerelle vers la résidence


L’article 17 LEI constitue un risque central pour les couples qui envisagent une entrée comme touristes ou visiteurs de courte durée. Une personne entrée légalement en Suisse pour un séjour temporaire et qui dépose ensuite une demande de séjour plus long doit en principe attendre la décision à l’étranger. Le canton peut autoriser la personne à rester pendant la procédure uniquement lorsque les conditions d’admission sont considérées comme manifestement remplies.

 

Un mariage pendant une visite légale peut néanmoins conduire à une demande de regroupement familial, mais il ne transforme pas automatiquement un séjour Schengen en droit de résidence. Les couples devraient vérifier la date de fin du séjour légal avant de voyager, éviter tout dépassement de séjour et éviter de planifier une installation en partant du principe qu’une entrée comme visiteur peut être convertie de plein droit en résidence.

 

Si l’objectif est une résidence immédiate, la question la plus sûre n’est pas « pouvons-nous nous marier pendant la visite ? », mais « existera-t-il une base légale permettant de rester pendant l’examen du dossier de séjour ? ».

 

Après le mariage, le statut du répondant détermine la voie de regroupement familial


Une fois marié, le conjoint étranger présente une demande dans le cadre de regroupement familial correspondant au répondant. Ces voies ne sont pas interchangeables.


Répondant en Suisse

Cadre principal

Conséquence pratique

Citoyen suisse

Article 42 LEI

Voie légale du conjoint, sous réserve de ses conditions et motifs de refus

Ressortissant UE/AELE

ALCP, annexe I, article 3

Régime distinct de libre circulation, dérivé du propre statut du répondant

Titulaire d’un permis C

Article 43 LEI

Droit au regroupement si les conditions légales sont remplies

Titulaire d’un permis B

Article 44 LEI

Voie discrétionnaire ; le mariage seul ne suffit pas

Titulaire d’un permis L

Article 45 LEI

Voie discrétionnaire plus limitée


Pour les répondants titulaires d’un permis C ou B, des questions telles que la vie commune, le logement approprié, le risque de dépendance à l’aide sociale, les prestations complémentaires et les exigences linguistiques ou de cours de langue peuvent être pertinentes. Les dossiers liés aux permis B et L demeurent discrétionnaires, même lorsque le mariage est authentique.

 

Pour les répondants ressortissants de l’UE/AELE, l’analyse est différente. La situation du membre de la famille découle du propre droit de séjour du répondant UE/AELE, par exemple en qualité de travailleur salarié, d’indépendant, de personne sans activité lucrative ou d’étudiant.

 

Déposer une demande depuis l’étranger après le mariage


Lorsque le conjoint étranger se trouve à l’étranger et a besoin d’un visa, le point de départ habituel est une demande de visa national D auprès de la représentation suisse compétente. La représentation suisse effectue des contrôles préliminaires, tandis que le canton examine les conditions matérielles de séjour, sous réserve d’une éventuelle approbation du SEM.

 

Les couples devraient préparer les preuves relatives à l’identité, au mariage, au logement, aux finances et à la langue, lorsque cela est pertinent, avant le dépôt. Ils ne devraient pas supposer que la mission suisse décide seule du bien-fondé du séjour et devraient éviter d’acheter des billets non remboursables pour s’installer avant que l’autorisation d’entrée ne soit délivrée.

 

Se marier d’abord à l’étranger peut simplifier la catégorie migratoire parce que le couple est déjà marié. Cela peut néanmoins créer des difficultés de calendrier si le mariage étranger doit être inscrit, reconnu ou vérifié aux fins suisses.

 

Preuve d’un mariage authentique et librement voulu


Les autorités peuvent aller au-delà du projet de mariage ou du certificat de mariage lorsqu’il existe des préoccupations relatives à un mariage de complaisance, à un mariage forcé, à une fraude documentaire, à des indices de traite ou à d’autres abus. Une relation transfrontalière n’est pas suspecte uniquement parce qu’elle comporte des avantages migratoires, mais des indicateurs de risque peuvent entraîner un examen plus approfondi.

 

Les preuves peuvent inclure une chronologie de la relation, des relevés de voyages, des communications, des photographies, la connaissance de la relation par la famille, une cohabitation antérieure, des explications concernant des rencontres limitées ou des barrières linguistiques, ainsi que la divulgation de refus ou de dépassements de séjour antérieurs le cas échéant. Il s’agit d’exemples, et non d’une liste exhaustive, et les documents seuls ne garantissent pas l’approbation.

 

Contactez nos avocats en immigration en Suisse


Richmond Chambers Switzerland conseille les couples internationaux sur l’opportunité de poursuivre une stratégie de mariage prévu en Suisse, de se marier d’abord à l’étranger ou de déposer une demande après un mariage existant. Nos avocats spécialisés en immigration suisse peuvent évaluer le statut du répondant, la voie de séjour probable après le mariage, les risques liés au séjour de visite, l’enchaînement des démarches d’état civil, les preuves et les questions de procédure depuis l’étranger avant le dépôt des demandes.

 

Pour organiser une première consultation, contactez Richmond Chambers Switzerland par téléphone au +41 21 588 07 70 ou remplissez notre formulaire de demande.

 

Cet article résume le droit suisse de l’immigration et les directives applicables à la date de rédaction. Les faits individuels, les preuves, la pratique cantonale et la situation procédurale peuvent influencer l’issue du dossier. Il est fourni à titre d’information générale uniquement et ne constitue pas un conseil juridique.

 

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