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Avez-vous droit à 90 jours Schengen à chaque voyage en Suisse ?

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    Paul Richmond
  • il y a 16 minutes
  • 9 min de lecture
Avez-vous droit à 90 jours Schengen à chaque voyage en Suisse ?

Un nouveau voyage en Suisse n'accorde normalement pas au voyageur un nouveau contingent de 90 jours dans l'espace Schengen. Pour les séjours ordinaires de courte durée, la limite est de 90 jours sur toute période mobile de 180 jours dans l'ensemble de l'espace Schengen. Une courte absence, un nouvel itinéraire ou un visa à entrées multiples ne remet pas le compteur à zéro.

 

Cet article s'adresse aux ressortissants non UE/AELE qui se rendent régulièrement en Suisse et dans d'autres États Schengen. Il explique le calcul glissant, les erreurs les plus fréquentes et les situations dans lesquelles il faut examiner une autorisation de séjour ou de travail en Suisse plutôt que de continuer à planifier des séjours de courte durée.

 

1. La règle des 90/180 jours s'applique à l'ensemble de l'espace Schengen


La règle Schengen applicable aux séjours de courte durée ne signifie pas 90 jours par voyage, 90 jours par pays, ni 90 jours pour chaque semestre civil. Il s'agit d'une limite applicable à l'ensemble de l'espace Schengen : jusqu'à 90 jours sur toute période de 180 jours, sous réserve d'une durée plus courte autorisée par le visa et du respect continu des conditions d'entrée applicables.

 

La Suisse applique cette règle dans le cadre Schengen. Les jours passés en Suisse, en France, en Italie, en Allemagne, en Espagne et dans les autres États Schengen se cumulent. Si un voyageur passe 30 jours en France puis 30 jours en Suisse, il a utilisé 60 jours Schengen. Se déplacer de la Suisse vers un autre État Schengen n'interrompt pas le calcul, puisque le voyageur reste dans l'espace Schengen.

 

La règle concerne les séjours ordinaires de courte durée des ressortissants de pays tiers, qu'ils soient soumis ou non à l'obligation de visa. Le titulaire d'un visa doit également respecter sa période de validité, le nombre d'entrées autorisées et la durée de séjour indiquée ; l'exemption de visa supprime l'obligation d'obtenir préalablement un visa de court séjour, mais pas la limite des 90/180 jours.

 

2. Comment fonctionne le calcul glissant sur 180 jours ?

 

Le calcul se fait en regardant en arrière à partir de chaque jour de présence dans l'espace Schengen. Pour chaque jour pendant lequel le voyageur prévoit d'être en Suisse ou dans un autre État Schengen, il faut examiner les 180 jours précédents et additionner les jours de séjour de courte durée dans l'espace Schengen compris dans cette fenêtre. Le total ne doit pas dépasser 90 jours.

 

C'est pourquoi il ne suffit pas de vérifier la situation à la date d'arrivée. Un voyageur peut être dans la limite le premier jour d'un séjour, puis la dépasser plus tard si des jours Schengen antérieurs se trouvent encore dans la période de référence de 180 jours.

 

Une courte absence de l'espace Schengen n'augmente la marge disponible que progressivement. Les jours passés hors Schengen ne sont pas des jours de présence Schengen, mais ils ne rétablissent pas immédiatement un nouveau contingent de 90 jours. Les anciens jours Schengen cessent de compter uniquement lorsqu'ils sortent de la fenêtre mobile de 180 jours.

 

Trois exemples simples illustrent la règle :

 

45 jours en Suisse, 10 jours hors Schengen puis 45 jours en Italie ne provoquent aucune remise à zéro : les deux séjours Schengen doivent être comptabilisés ensemble dans les fenêtres pertinentes.

 

20 jours en Allemagne suivis de 20 jours en Suisse représentent 40 jours Schengen, et non 20 jours suisses.

 

Un séjour du 1er au 10 mars représente 10 jours calendaires de présence, et non neuf nuits.

 

Pour planifier des voyages répétés, il est prudent d'établir un historique jour par jour ainsi qu'un itinéraire prévisionnel, en indiquant tous les jours passés à l'intérieur et à l'extérieur de l'espace Schengen. Le calcul doit être refait avant la réservation, avant le voyage et si l'itinéraire change.

 

3. Les jours d'entrée et de sortie comptent tous les deux


Le jour d'entrée et le jour de sortie comptent tous deux pour le calcul du séjour de courte durée. Une entrée et une sortie le même jour représentent donc un jour de présence.

 

Un séjour du 1er au 10 mars utilise 10 jours. Pour les voyageurs proches de la limite, un départ retardé au lendemain peut ajouter un jour Schengen supplémentaire.

 

Les voyageurs fréquents devraient conserver des preuves fiables des dates auxquelles ils franchissent les frontières extérieures de l'espace Schengen. Les déplacements internes à l'espace Schengen n'interrompent pas le décompte des jours.

 

4. Un visa à entrées multiples ne donne pas 90 jours par entrée


Pour les voyageurs soumis à l'obligation de visa, un visa Schengen suisse (type C) et le calcul des 90/180 jours doivent être lus ensemble. Un visa de court séjour peut autoriser une entrée, deux entrées ou des entrées multiples pendant sa période de validité. Cette faculté d'entrer est distincte de la durée maximale du séjour.

 

Un visa à entrées multiples permet plusieurs entrées tant que le visa reste valable et que ses conditions sont respectées. Il n'accorde pas 90 jours à chaque arrivée. Un visa à entrées multiples valable un an n'autorise donc pas son titulaire à vivre dans l'espace Schengen pendant un an.

 

Le titulaire doit vérifier les dates de validité, le nombre d'entrées et la durée de séjour autorisée. Si le visa autorise moins de jours que ceux qui resteraient disponibles au titre du calcul 90/180, la durée plus courte prévaut ; des jours Schengen encore disponibles ne peuvent pas faire revivre un visa expiré ou une autorisation d'entrée déjà utilisée.

 

5. L'exemption de visa reste soumise à une limite de séjour


L'exemption de visa n'est pas une autorisation de séjourner indéfiniment en Suisse ou ailleurs dans l'espace Schengen. Les ressortissants de pays tiers exemptés de visa restent soumis à la limite Schengen de courte durée et aux conditions d'entrée applicables. Le même cadre de calcul sous-tend également les visas suisses de court séjour délivrés aux voyageurs soumis à visa.

 

Une précision importante concerne les personnes titulaires d'un titre de séjour délivré par un État Schengen ou d'un visa national de long séjour (type D). Selon le code frontières Schengen, les périodes de séjour autorisées au titre d'un titre de séjour ou d'un visa de long séjour ne sont pas prises en compte dans le calcul des 90/180 jours applicable aux courts séjours. Cela ne signifie pas que toute période avant, après ou en dehors du champ du titre doit être ignorée. En présence d'un historique mixte, il faut distinguer les périodes couvertes par le titre de séjour des séjours ordinaires de courte durée et vérifier la base juridique de chaque période de présence.

 

Les cartes de séjour de membres de famille et les situations relevant de la libre circulation peuvent également modifier l'analyse. Elles doivent être examinées en fonction du document détenu et de la situation du voyageur, plutôt que d'être assimilées à un simple séjour de visiteur.

 

6. Lorsque le calcul des jours n'est pas la bonne question


La règle des 90/180 jours est conçue pour les séjours de courte durée. Un visa de type C ou un séjour sans visa n'autorise pas en lui-même la résidence en Suisse, et le fait de disposer encore de jours Schengen n'autorise pas en soi l'exercice d'une activité lucrative en Suisse.

 

Selon la LEI/AIG, le principe de droit interne est qu'un séjour sans activité lucrative d'une durée maximale de trois mois ne nécessite pas d'autorisation suisse de séjour, sous réserve des règles Schengen et de visa distinctes, tandis qu'une activité lucrative requiert en principe une autorisation quelle que soit sa durée. Ce principe doit être lu avec le cadre de l'ALCP/FZA, les procédures d'annonce et les exemptions particulières applicables à la personne et à l'activité concernées.

 

Lorsque le but réel est l'emploi ou la résidence, l'analyse peut relever des permis de travail et de séjour en Suisse, notamment de la question de savoir si un permis de travail en Suisse est nécessaire. Un consultant participant à des réunions, une personne travaillant à distance depuis la Suisse ou un voyageur fournissant des services ne devrait pas supposer que le seul respect du calcul 90/180 répond à la question de l'autorisation de travail.

 

7. Utiliser les calculateurs officiels comme outils de planification


Le calculateur de séjour du SEM est un outil technique utile. Les voyageurs doivent y intégrer tous les séjours de courte durée pertinents dans l'espace Schengen, et non uniquement les jours passés en Suisse, et conserver leur propre relevé de voyages plutôt que de se fier à leur mémoire.

 

Depuis le 10 avril 2026, le système d'entrée/sortie (EES) est pleinement opérationnel aux points de passage des frontières extérieures Schengen pour les voyageurs de court séjour qui relèvent de son champ d'application. Il enregistre numériquement les entrées, les sorties et les refus d'entrée et facilite l'identification automatique des dépassements de la durée de séjour autorisée. Certaines catégories, notamment de nombreux titulaires de visas de long séjour ou de titres de séjour, ne sont pas enregistrées dans l'EES.

 

Les résultats d'un calculateur et les données de l'EES ne confèrent pas en eux-mêmes un droit d'entrer ou de rester. Les historiques complexes comprenant des titres de séjour, des visas de long séjour, des données manquantes, des dépassements antérieurs ou des incohérences peuvent nécessiter une reconstitution documentaire et une analyse juridique.

 

8. Disposer de jours restants ne garantit pas l'entrée


Même lorsqu'un voyageur dispose encore de jours, son admission n'est pas automatique. Le code frontières Schengen exige que le voyageur de courte durée remplisse les conditions d'entrée pertinentes, notamment la possession d'un document de voyage valable, d'un visa lorsqu'il est requis, la justification de l'objet et des conditions du séjour, des moyens de subsistance suffisants, l'absence d'un signalement applicable aux fins de non-admission et l'absence d'un motif pertinent lié à l'ordre public, à la sécurité intérieure, à la santé publique ou aux relations internationales.

 

Un voyageur ayant correctement calculé sa position au regard de la règle 90/180 peut donc encore être interrogé à la frontière sur l'objet de son séjour, son hébergement, ses moyens financiers, la poursuite de son voyage ou d'autres conditions d'entrée.

 

9. Contactez nos avocats spécialisés en immigration en Suisse


Richmond Chambers Switzerland peut examiner un historique complexe de voyages Schengen, distinguer les séjours ordinaires de courte durée des périodes couvertes par un titre de séjour ou un visa de long séjour, identifier les questions de travail ou de résidence que le calcul des jours ne permet pas de résoudre et conseiller sur la stratégie d'immigration suisse la plus appropriée.

 

Pour organiser une réunion de première consultation, contactez Richmond Chambers Switzerland par téléphone au +41 21 588 07 70 ou complétez notre formulaire de demande de renseignements.

 

10. Questions fréquemment posées : règle Schengen des 90/180 jours


Ai-je droit à 90 nouveaux jours lorsque je quitte puis réintègre l'espace Schengen ?

Non. Une nouvelle entrée ne remet pas le calcul à zéro. Pour chaque jour de présence, il faut examiner les 180 jours précédents et vérifier que la durée totale des séjours ordinaires de courte durée ne dépasse pas 90 jours.

Pour chaque jour pendant lequel vous prévoyez d'être dans l'espace Schengen, regardez les 180 jours précédents et comptez les jours de séjour de courte durée compris dans cette période. Comme la fenêtre avance chaque jour, les anciens jours cessent de compter progressivement et non en une seule fois.

Non. Ces dix jours ne comptent pas comme présence Schengen, mais les jours antérieurs restent dans le calcul jusqu'à ce qu'ils sortent de la fenêtre mobile de 180 jours. Une courte absence peut donc restaurer progressivement une partie de la marge sans créer immédiatement un nouveau bloc de 90 jours.

Oui. Le jour de l'entrée et le jour de la sortie sont tous deux des jours de présence. Un séjour du 1er au 10 mars compte donc 10 jours.

Non. Les entrées multiples concernent le nombre de fois où le titulaire peut franchir la frontière extérieure pendant la validité du visa ; elles ne créent pas un nouveau contingent de 90 jours à chaque entrée. Il faut aussi respecter la durée autorisée indiquée sur le visa et la limite mobile des 90/180 jours.

Les périodes de séjour autorisées au titre d'un titre de séjour Schengen ou d'un visa national de long séjour sont exclues du calcul des courts séjours par le code frontières Schengen. Les historiques mixtes peuvent néanmoins être complexes : chaque période doit être rattachée à sa base juridique correcte plutôt que présumée exemptée.

Pas nécessairement. Le calcul 90/180 concerne la présence de courte durée ; l'autorisation de travailler en Suisse est une question distincte qui dépend notamment de la nationalité, de l'activité, du cadre juridique applicable et de toute obligation d'annonce ou d'autorisation.

Non. L'EES fournit des enregistrements électroniques aux frontières et aide les autorités à identifier les dépassements, mais il ne remplace pas les conditions légales d'entrée et ne crée aucun droit à l'admission. En présence d'un historique complexe, il est prudent de rapprocher les données disponibles avant de se fier à une marge de quelques jours.


Cet article résume le droit suisse de l’immigration et les directives applicables à la date de sa rédaction. Les faits, les preuves, le traitement cantonal et le positionnement procédural peuvent influer sur l’issue. Il est fourni à titre d’information générale uniquement et ne constitue pas un conseil juridique.

 



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