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Un permis B suisse sous imposition forfaitaire peut-il mener à un permis C ?

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    Paul Richmond
  • il y a 3 jours
  • 10 min de lecture

Un permis B suisse sous imposition forfaitaire peut-il mener à un permis C ?

Oui. Une résidence en Suisse au bénéfice d’un permis B, alors que la personne est imposée d’après la dépense, peut contribuer à une future demande de permis C. Il n’existe toutefois pas de catégorie migratoire distincte appelée « permis B forfaitaire », et l’accord fiscal ne garantit ni n’accélère à lui seul l’établissement. Les questions déterminantes concernent l’historique des permis, la résidence effective en Suisse, la nationalité, l’intégration et le respect des obligations légales.

 

Cet article explique comment l’imposition d’après la dépense s’inscrit dans une stratégie d’établissement en Suisse, comment distinguer les voies de cinq et de dix ans, ce qui peut interrompre le calcul de la résidence et pourquoi le permis C doit être distingué de la nationalité suisse.

 

1. La résidence sous imposition forfaitaire peut-elle compter pour un permis C ?


Le temps passé avec un permis B par une personne imposée d’après la dépense n’est pas exclu du calcul du permis C en raison du seul mode d’imposition. Si l’autorisation de séjour a été légalement maintenue et si la personne a réellement vécu en Suisse, les années pertinentes peuvent être comptabilisées comme les autres périodes admissibles sous permis B.

 

L’éligibilité au permis C est examinée dans le cadre de l’établissement prévu à l’article 34 LEI / AIG, conjointement avec les critères d’intégration de l’article 58a LEI / AIG et les dispositions d’exécution de l’OASA / VZAE. L’imposition d’après la dépense est régie séparément, principalement par l’article 14 LIFD et l’article 6 LHID.

 

Cette séparation est fondamentale. Une décision fiscale, un montant de dépenses imposables convenu ou une contribution fiscale importante ne crée pas un droit au permis C. L’imposition forfaitaire ne doit pas être présentée comme un visa doré suisse, un droit à la résidence permanente ou un programme de citoyenneté par investissement.

 

2. Régime fiscal, permis B, permis C et nationalité


L’imposition forfaitaire est une méthode d’imposition d’après la dépense — Besteuerung nach dem Aufwand en allemand. Elle ne constitue pas une autorisation de séjour.

 

Le permis B est une autorisation de séjour limitée dans le temps, dont la base migratoire doit continuer à être remplie. Le permis C correspond à la résidence permanente suisse : il s’agit d’une autorisation d’établissement de durée indéterminée, même si la carte physique doit être renouvelée périodiquement. La citoyenneté suisse par naturalisation constitue un statut de nationalité distinct, acquis au terme d’une procédure formelle.

 

Ces trois étapes nécessitent donc des analyses juridiques différentes : l’octroi ou le maintien du traitement fiscal, la délivrance et le renouvellement du permis B, puis l’éligibilité ultérieure à l’établissement. Les décisions relatives aux absences, à une activité lucrative en Suisse, aux membres de la famille et à la naturalisation doivent être évaluées au regard de ces trois régimes, et non du seul accord fiscal.

 

3. Pourquoi la nationalité et la base initiale du permis B sont importantes


La nationalité doit être déterminée avant de projeter une date d’éligibilité au permis C. Cette analyse doit couvrir la personne principale, son conjoint et ses enfants, car les membres d’une famille de nationalités différentes peuvent relever de calendriers d’établissement distincts.

 

Les ressortissants UE/AELE économiquement inactifs peuvent souvent se fonder sur l’Accord sur la libre circulation des personnes s’ils disposent de moyens financiers suffisants et d’une assurance maladie complète. Leur imposition d’après la dépense constitue un traitement fiscal séparé. L’ALCP / FZA ne régit pas lui-même l’octroi du permis C ; l’établissement relève de la LEI / AIG et de tout accord d’établissement ou arrangement de réciprocité applicable.

 

Pour les ressortissants non-UE/AELE, une résidence liée à des intérêts fiscaux importants peut être accordée de manière discrétionnaire sur la base de l’article 30 LEI / AIG et de l’article 32 OASA / VZAE. Certains demandeurs peuvent plutôt relever des dispositions relatives aux rentiers de l’article 28 LEI / AIG et de l’article 25 OASA / VZAE. Ces voies imposent des conditions différentes en matière d’âge, de liens personnels, d’activité économique et de centre de vie. Un accord fiscal favorable ne supprime pas la nécessité de maintenir la base migratoire lors de chaque renouvellement du permis B.

 

Certaines nationalités bénéficient d’une voie d’établissement en cinq ans fondée sur un traité, tandis que d’autres peuvent être prises en considération après cinq ans sans disposer d’un droit juridique comparable. Ces voies fondées sur la nationalité ne doivent pas être confondues avec l’établissement anticipé discrétionnaire fondé sur une intégration réussie. La position officielle applicable à la nationalité concernée doit être vérifiée lors de la préparation de la stratégie, puis à nouveau avant le dépôt.

 

4. Comment calculer le délai ordinaire de dix ans pour le permis C


Selon l’article 34, alinéa 2, LEI / AIG, la voie ordinaire exige généralement dix ans de résidence admissible au bénéfice d’une autorisation de courte durée ou de séjour, dont les cinq dernières années sans interruption sous autorisation de séjour. La personne doit également remplir les critères d’intégration et ne présenter aucun motif pertinent de révocation.

 

Les Directives actuelles du SEM distinguent les cinq premières années des cinq dernières. Durant la première partie du calcul de dix ans, certains séjours temporaires peuvent être pris en compte et des interruptions limitées peuvent être tolérées, mais seule la durée de présence effective est comptabilisée. Les cinq dernières années sont plus strictes et exigent généralement la détention ininterrompue d’une autorisation de séjour correspondant à un séjour durable.

 

Le calcul doit donc être reconstitué à partir de l’historique migratoire réel, et non de la date de première arrivée, de l’achat d’un logement ou du commencement de la résidence fiscale suisse. Les permis L, les permis B, les radiations, les expirations, les changements de but du séjour et le temps passé à l’étranger doivent tous être examinés. Les séjours pour études ou formation sont soumis à des règles particulières et ne peuvent être comptabilisés que lorsque les conditions légales relatives au séjour durable ultérieur sont remplies.

 

Une personne très mobile peut croire que sa dixième année approche parce que la Suisse constitue une « base » familiale depuis une décennie, alors que l’historique des permis révèle un début plus tardif de la période admissible ou une interruption. Une demande prématurée peut entraîner un examen non seulement du calendrier, mais aussi de la question de savoir si la Suisse est réellement restée le centre de vie.

 

5. Une personne imposée forfaitairement peut-elle obtenir un permis C après cinq ans ?


Les différentes voies de cinq ans doivent être soigneusement séparées.

 

Premièrement, un traité d’établissement ou un arrangement réciproque fondé sur la nationalité peut conférer un droit ou permettre l’application d’une pratique établie de cinq ans, selon la nationalité et les circonstances de la personne.

 

Deuxièmement, l’article 34, alinéa 4, LEI / AIG permet un permis C anticipé après cinq années ininterrompues sous autorisation de séjour lorsque la personne est intégrée avec succès. Il s’agit d’un établissement anticipé discrétionnaire, et non d’un avantage accordé aux contribuables imposés forfaitairement. Le seuil linguistique fédéral actuel pour cette voie est généralement au moins B1 à l’oral et A1 à l’écrit dans la langue nationale parlée au lieu de domicile. L’intégration des membres de la famille concernés âgés de plus de 12 ans peut également être prise en compte.

 

Pour le permis C ordinaire, le minimum fédéral est généralement A2 à l’oral et A1 à l’écrit. La fortune, la propriété immobilière ou la contribution fiscale ne peuvent remplacer la preuve linguistique applicable, l’autonomie économique, le respect de l’ordre public ou l’évaluation plus large de l’intégration. Dans un dossier solide, un établissement anticipé peut être réaliste ; dans un dossier limite, attendre la voie ordinaire peut réduire le risque.

 

6. Continuité de la résidence : le risque sous-estimé par les familles mobiles


Une carte de permis valable ne constitue pas une preuve concluante que la résidence a été préservée. Pour un permis B, une radiation, une expiration ou l’abandon effectif de la résidence peut mettre fin au statut. Une absence de plus de six mois entraîne généralement l’extinction du permis B, mais des difficultés peuvent survenir plus tôt lorsque la personne a effectivement déplacé son centre de vie à l’étranger. De courts retours en Suisse ne réparent pas nécessairement cette situation.

 

Les Directives du SEM indiquent que les titulaires d’un permis B devraient généralement passer la majeure partie de l’année en Suisse, sous réserve d’exceptions dépendant des faits lorsque le centre de vie suisse est réellement maintenu. Le paiement de l’impôt suisse, la propriété d’un bien immobilier suisse ou le maintien de l’assurance maladie constituent des éléments pertinents, mais aucun n’est décisif à lui seul.

 

Un permis C s’éteint également en principe après six mois à l’étranger, sauf si son maintien est demandé en temps utile. Le maintien peut être accordé pour une durée maximale de quatre ans, mais il n’est pas automatique : la demande doit être déposée avant l’expiration du délai de six mois, être dûment motivée et être acceptée par le canton compétent.

 

Les personnes concernées devraient conserver, dès le début de leur résidence, des relevés de voyage fiables ainsi que des preuves de leur logement suisse, de leur vie familiale, de leur assurance, de leurs activités locales et de leurs liens quotidiens. Il est préférable de demander conseil avant une absence prolongée plutôt que de tenter de reconstituer la continuité peu avant une demande de permis C.

 

7. Intégration, langue et respect des obligations


L’article 58a LEI / AIG énonce quatre critères d’intégration : le respect de la sécurité et de l’ordre publics, le respect des valeurs de la Constitution, les compétences linguistiques et la participation à la vie économique ou l’acquisition d’une formation. Pour une personne imposée forfaitairement qui n’exerce pas d’activité, la participation à la vie économique concerne principalement l’autonomie économique ; elle n’exige pas un emploi en Suisse. La preuve de l’indépendance financière peut donc être pertinente, tandis qu’une activité lucrative en Suisse peut être incompatible avec l’accord fiscal ou la base initiale du séjour.

 

Avant le dépôt, la personne devrait normalement vérifier :

 

  • l’historique complet des permis et des absences ;

  • la preuve linguistique acceptée au niveau requis ;

  • les paiements fiscaux, les dettes, les poursuites, les questions pénales et l’historique d’aide sociale ; et

  • la compatibilité du mode de vie actuel et de toute activité commerciale avec la base du permis et l’imposition d’après la dépense.


Des arriérés fiscaux, des poursuites, des problèmes pénaux, une dépendance à l’aide sociale ou un schéma de résidence suisse insuffisant peuvent compromettre la demande. Les risques de refus et de révocation au regard des articles 62 et 63 LEI / AIG devraient être examinés avant le dépôt du dossier.

 

8. Peut-on conserver l’imposition forfaitaire après l’obtention du permis C ?


Le permis C ne met pas, à lui seul, fin à l’éligibilité à l’imposition d’après la dépense. Les conditions fiscales fédérales portent sur la nationalité étrangère, le commencement admissible de la résidence fiscale suisse et l’absence d’activité lucrative en Suisse. Le statut de titulaire d’un permis C n’est pas mentionné comme condition d’exclusion dans la circulaire no 44 de l’Administration fédérale des contributions.

 

Le permis C confère toutefois un large accès au marché du travail du point de vue migratoire. L’exercice de ce droit par une activité lucrative en Suisse peut mettre fin à l’éligibilité à l’imposition forfaitaire, même si le permis C demeure valable. Le maintien du traitement fiscal reste également soumis au droit fiscal fédéral et cantonal ainsi qu’à l’accord individuel conclu avec l’autorité fiscale.

 

Un autre point de planification doit être pris en compte : l’autorité migratoire détermine la catégorie de permis appropriée. Les Directives du SEM précisent qu’une personne ne choisit pas librement entre les statuts B et C, et que le souhait de rester sous permis B pour des raisons fiscales n’est pas nécessairement déterminant.

 

La nationalité suisse est différente. Les directives fiscales fédérales confirment que l’acquisition de la nationalité suisse met fin à l’éligibilité à l’imposition d’après la dépense. Pour des époux vivant en ménage commun, les deux conjoints doivent remplir les conditions fédérales, de sorte que la nationalité suisse ou l’activité lucrative en Suisse de l’un d’eux peut affecter la position fiscale du couple. Le permis C peut donc constituer un objectif migratoire à long terme approprié pour certaines familles, mais les stratégies d’établissement et fiscales devraient être coordonnées avant toute demande.

 

9. Contactez nos avocats en immigration en Suisse


Les avocats spécialisés en immigration suisse de Richmond Chambers Switzerland peuvent examiner la base initiale du permis B, la voie d’établissement applicable selon la nationalité, l’historique des permis, les absences, les preuves linguistiques et d’intégration, ainsi que les conséquences migratoires du maintien de l’imposition d’après la dépense. Nous pouvons également coordonner la stratégie d’établissement avec les conseillers fiscaux suisses du client lorsque l’interaction entre le statut migratoire et l’éligibilité fiscale nécessite une analyse parallèle.

 

Pour organiser une réunion de première consultation, contactez Richmond Chambers Switzerland par téléphone au +41 21 588 07 70 ou remplissez notre formulaire de demande de renseignements.

 

10. Questions fréquemment posées : permis B sous imposition forfaitaire et permis C


La résidence sous imposition forfaitaire compte-t-elle pour un permis C suisse ?

Oui. Une résidence légale et effective sous permis B peut compter pour un futur permis C même lorsque la personne est imposée d’après la dépense. L’accord fiscal ne crée pas lui-même l’éligibilité à l’établissement ; l’historique des permis, la continuité, l’intégration et le respect des obligations restent déterminants.

Non. L’imposition forfaitaire est une méthode d’imposition, tandis que le permis B est une autorisation migratoire délivrée sur une base juridique propre. Les approbations fiscale et migratoire doivent être obtenues et maintenues séparément.

C’est possible. Une voie de cinq ans peut découler de la nationalité, d’un traité d’établissement ou d’une pratique réciproque, ou de la voie discrétionnaire du permis C anticipé fondée sur une intégration réussie. La base juridique correcte doit être identifiée avant de supposer que cinq années de résidence suffisent.

Pour la voie ordinaire, le minimum fédéral est généralement A2 à l’oral et A1 à l’écrit dans la langue nationale parlée au lieu de domicile. Pour l’établissement anticipé discrétionnaire au titre de l’article 34, alinéa 4, LEI / AIG, le seuil habituel est B1 à l’oral et A1 à l’écrit.

Oui. Une radiation, l’extinction d’un permis ou un schéma d’absences montrant que le centre de vie a été déplacé à l’étranger peut interrompre la résidence admissible. Le maintien d’une adresse, d’un bien immobilier ou d’un statut fiscal en Suisse ne préserve pas, à lui seul, la résidence migratoire.

Le permis C n’est pas en lui-même incompatible avec l’imposition d’après la dépense. Toutefois, l’exercice d’une activité lucrative en Suisse ou l’acquisition de la nationalité suisse peut mettre fin à l’éligibilité, et la position fiscale fédérale et cantonale doit être vérifiée avant tout changement de statut ou d’activité.

Non. Le permis C est requis pour la naturalisation ordinaire, mais la nationalité relève d’une procédure distincte comportant ses propres exigences fédérales, cantonales et communales en matière de résidence, de langue et d’intégration. L’acquisition de la nationalité suisse met également fin à l’éligibilité à l’imposition forfaitaire.


Cet article résume le droit suisse de l’immigration et les directives applicables à la date de sa rédaction. Les faits, les preuves, le traitement cantonal et le positionnement procédural peuvent influer sur l’issue. Il est fourni à titre d’information générale uniquement et ne constitue pas un conseil juridique.

 



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