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Voyages fréquents entre la Suisse et le Royaume-Uni : quand les habitudes de visite créent un risque d'immigration

  • Photo du rédacteur: Paul Richmond
    Paul Richmond
  • il y a 1 jour
  • 9 min de lecture
Voyages fréquents entre la Suisse et le Royaume-Uni : quand les habitudes de visite créent un risque d'immigration

Les voyages fréquents entre la Suisse et le Royaume-Uni sont courants pour les personnes ayant des clients, des sociétés du même groupe, des biens immobiliers, de la famille ou des engagements professionnels dans les deux pays. Le risque d'immigration résulte généralement de l'objet et du schéma cumulé des séjours, plutôt que d'un seul voyage.

 

La voie Visitor du Royaume-Uni est destinée à des séjours authentiques et temporaires. Elle ne permet pas de vivre au Royaume-Uni par des entrées répétées ni d'y exercer une activité dépassant les activités autorisées aux visiteurs.

 

1. Entrer au Royaume-Uni depuis la Suisse : passeport, ETA, visa et statut


Les conditions d'entrée au Royaume-Uni dépendent principalement de la nationalité, du passeport utilisé, du statut d'immigration britannique existant et de l'activité envisagée. Un permis de séjour suisse ne crée aucun droit britannique d'entrée, de séjour ou de travail.

 

Les citoyens suisses et de nombreux ressortissants de l'UE et de l'AELE sont dispensés de visa pour les courts séjours ordinaires, mais ils doivent généralement obtenir une ETA britannique (Electronic Travel Authorisation) avant le voyage, sauf exemption, par exemple lorsqu'ils détiennent un visa britannique valable ou une autorisation de vivre, travailler ou étudier au Royaume-Uni. L'ETA autorise le voyage vers le Royaume-Uni ; elle ne garantit pas l'entrée et n'élargit pas les activités autorisées à un visiteur.

 

Un ressortissant d'un pays tiers résidant légalement en Suisse peut être un ressortissant soumis à visa et devoir obtenir un visa Standard Visitor avant le voyage. La résidence légale en Suisse peut démontrer l'existence d'un domicile, d'un emploi et de liens personnels hors du Royaume-Uni et permettre une demande de visa de visiteur depuis la Suisse, mais elle n'assouplit pas les règles matérielles applicables aux visiteurs.

 

2. L'exigence de visiteur authentique et les visites fréquentes ou successives


Le visiteur doit convaincre le décideur qu'il quittera le Royaume-Uni à la fin de son séjour, qu'il ne vivra pas au Royaume-Uni pendant des périodes prolongées par des visites fréquentes ou successives et qu'il n'en fera pas sa résidence principale. Il doit également se limiter aux activités autorisées.

 

Il n'existe pas de règle générale permettant de passer 180 jours au Royaume-Uni au cours de chaque période de 12 mois. Six mois correspondent normalement à la durée maximale d'un séjour individuel en qualité de Standard Visitor, et non à une allocation annuelle. Le Home Office examine le schéma global : nombre et durée des visites, intervalles hors du Royaume-Uni, raisons des retours à l'étranger, liens du voyageur et temps passé au Royaume-Uni par rapport au pays de résidence.

 

L'expression « résidence de fait » constitue un raccourci utile, mais le critère juridique demeure l'exigence de visiteur authentique. Le risque augmente lorsqu'une personne passe à plusieurs reprises de longues périodes au Royaume-Uni, ne le quitte que brièvement ou organise son travail, son logement et sa vie personnelle de manière à faire apparaître le Royaume-Uni comme sa véritable base.

 

3. Télétravail au Royaume-Uni en qualité de visiteur


Les activités autorisées aux visiteurs permettent expressément d'effectuer à distance depuis le Royaume-Uni des tâches liées à un emploi exercé à l'étranger, à condition que le télétravail ne soit pas l'objet principal du séjour. Consulter ses courriels, participer à des appels ou traiter des tâches limitées pour un emploi à l'étranger pendant des vacances, une visite familiale ou un véritable voyage d'affaires peut donc être autorisé.

 

Il ne s'agit pas d'une voie pour « nomades numériques ». Une personne qui se rend au Royaume-Uni précisément pour télétravailler, travaille à plein temps depuis une adresse britannique pendant un long séjour ou dépend d'un travail à distance continu pour financer le séjour peut éprouver des difficultés à démontrer que cette activité est secondaire. Aucun nombre de jours ne constitue une zone de sécurité : la durée, la fréquence, l'objet déclaré et la réalité pratique sont tous pertinents.

 

4. Voyage d'affaires : activité autorisée ou travail au Royaume-Uni ?

 

Les activités autorisées comprennent la participation à des réunions, conférences, séminaires et entretiens ; la négociation et la signature de contrats ; les visites de sites et inspections ; la participation à des salons professionnels à des fins promotionnelles ; la collecte d'informations pour un emploi à l'étranger ; et la réception d'un briefing d'un client britannique lorsque le travail substantiel est effectué hors du Royaume-Uni.

 

Des règles plus précises encadrent les activités intragroupe, la formation, l'installation et les services après-vente, certaines professions exercées à l'étranger et les permitted paid engagements. L'itinéraire doit donc être vérifié au regard de la règle exacte, et non de la simple étiquette « voyage d'affaires ».

 

Un visiteur ne doit pas accepter un emploi britannique, travailler pour une organisation ou une entreprise britannique, créer ou gérer une entreprise en tant qu'indépendant, fournir des biens ou services, occuper un poste ou assurer un remplacement temporaire dans une organisation basée au Royaume-Uni, sauf lorsqu'une activité expressément autorisée s'applique. Être rémunéré en Suisse, rester lié par un contrat suisse ou facturer par l'intermédiaire d'une société étrangère ne suffit pas à rendre l'activité licite.

 

5. Fondateurs, administrateurs, clients et sociétés du groupe


Un fondateur ou administrateur basé en Suisse peut souvent participer à des réunions avec des investisseurs, négocier des contrats ou assister à des réunions du conseil d'administration. Cela ne lui permet pas de passer de longues périodes au Royaume-Uni à gérer les opérations quotidiennes de l'entreprise, diriger l'exécution ou effectuer un travail productif.

 

Un salarié employé à l'étranger peut exercer certaines activités internes définies avec des salariés d'une société britannique du même groupe, notamment conseiller, consulter, résoudre des problèmes, former ou partager des compétences dans le cadre d'un projet interne déterminé. Les activités en contact avec les clients sont plus étroites et dépendent des faits. La mise en œuvre pratique, le soutien opérationnel ou la prestation directe au Royaume-Uni du service de l'entreprise étrangère à un client britannique peuvent dépasser la voie Visitor.

 

La question n'est pas de savoir si le voyage revêt une importance commerciale, mais ce que le voyageur fera réellement pendant sa présence physique au Royaume-Uni.

 

6. Contrôle à la frontière et éléments justificatifs


Une ETA ou un visa de visiteur valable n'empêche pas Border Force d'interroger le voyageur sur l'objet, la durée et la fréquence de ses déplacements. Les agents peuvent demander où il vit et travaille, ce qu'il fera pendant le séjour, qui prend en charge les frais, où il logera et quand il repartira.

 

Les éléments utiles peuvent comprendre le billet de retour, les informations d'hébergement, une lettre de l'employeur suisse, les ordres du jour des réunions, les invitations, l'inscription à une conférence, la preuve de l'emploi à l'étranger et des relevés expliquant les voyages antérieurs. Il ne s'agit que d'exemples. Les documents doivent correspondre à la réalité et ne doivent pas requalifier un travail substantiel au Royaume-Uni en réunions ou télétravail.

 

La cohérence est importante. Une personne qui invoque le tourisme alors qu'elle transporte des documents faisant état de la livraison d'un projet britannique, du remplacement d'un poste ou d'un travail quotidien pour un client peut rencontrer des difficultés. Les voyageurs fréquents doivent pouvoir expliquer le schéma global, et pas seulement le dernier séjour.

 

7. Refus d'entrée, annulation et voyages futurs


Si Border Force n'est pas convaincue qu'une personne satisfait aux conditions applicables aux visiteurs, l'autorisation d'entrer peut être refusée. Une autorisation d'entrée ou une permission existante peut également être annulée lorsque les motifs juridiques applicables sont réunis, notamment si l'objet ou les circonstances du voyage sont incompatibles avec l'autorisation détenue.

 

Un refus, une annulation ou un constat de travail non autorisé intègre les antécédents d'immigration britanniques et peut affecter des décisions ultérieures à la frontière, l'éligibilité à une ETA ou les demandes de visa de visiteur. Un ressortissant dispensé de visa n'est pas automatiquement obligé d'obtenir un visa après chaque refus, mais voyager à nouveau sans traiter le problème sous-jacent peut provoquer des difficultés répétées.

 

Pour un ressortissant soumis à visa qui présente sa demande depuis la Suisse, un schéma de voyages fréquents, des liens faibles hors du Royaume-Uni ou une intention de travailler peuvent entraîner un refus au titre de l'exigence de visiteur authentique. Un visa de visiteur à entrées multiples de longue durée n'autorise pas la résidence : chaque séjour reste soumis aux mêmes règles et le visa peut être annulé si les déplacements démontrent que le titulaire vit à plusieurs reprises au Royaume-Uni.

 

8. Gestion pratique des risques pour les voyageurs et employeurs suisses


Les particuliers devraient conserver un relevé exact de leurs déplacements, définir chaque séjour et calculer le temps cumulé passé au Royaume-Uni. Lorsque la vie personnelle se concentre progressivement autour d'un partenaire ou d'un logement britannique, il convient d'examiner la voie familiale ou de résidence applicable plutôt que de dépendre d'entrées répétées en qualité de visiteur.

 

Les employeurs suisses et équipes de mobilité doivent distinguer les réunions et autres activités professionnelles autorisées du travail productif. Avant le début de voyages réguliers, ils devraient consigner la nationalité et le statut britannique du voyageur, les activités prévues, l'entité d'accueil, l'implication du client, la fréquence, la durée et les livrables attendus. Lorsque le poste exige une présence importante au Royaume-Uni, un visa Skilled Worker ou une autre voie de travail britannique appropriée peut être nécessaire.

 

Les voyages fréquents entre la Suisse et le Royaume-Uni ne sont pas illicites du seul fait de leur fréquence. Le risque apparaît lorsque les faits ne correspondent plus à un séjour authentique et temporaire ou lorsque l'activité constitue du travail. Il est généralement plus sûr d'examiner le schéma avant une interaction difficile à la frontière que de tenter ensuite de réparer les antécédents d'immigration.

 

9. Contacter nos avocats en immigration britannique en Suisse


Richmond Chambers Switzerland conseille les particuliers, les familles, les fondateurs, les employeurs et les professionnels mobiles à l'international sur les voyages fréquents au Royaume-Uni, l'exigence de visiteur authentique, les règles britanniques applicables aux visiteurs d'affaires, le télétravail, les questions d'ETA et de visa Standard Visitor, les refus de visa de visiteur au Royaume-Uni et le choix éventuel d'une voie familiale, commerciale ou de travail. Nous pouvons examiner les activités envisagées, les antécédents de voyage et les preuves avant le départ, ou conseiller après un refus ou une annulation.

 

Pour organiser une réunion de première consultation, contactez Richmond Chambers Switzerland par téléphone au +41 21 588 07 70 ou remplissez notre formulaire de demande de renseignements.

 

10. Questions fréquemment posées : voyages fréquents au Royaume-Uni depuis la Suisse


Combien de jours puis-je passer chaque année au Royaume-Uni en qualité de visiteur ?

Il n'existe pas de règle générale autorisant 180 jours au cours de chaque période de 12 mois. Un Standard Visitor peut normalement être admis pour une durée maximale de six mois lors d'un séjour déterminé, mais le Home Office vérifie si le schéma global revient à vivre au Royaume-Uni par des visites fréquentes ou successives.

Les citoyens suisses qui voyagent sans visa britannique ni autre autorisation d'immigration britannique pertinente doivent généralement obtenir une Electronic Travel Authorisation avant le départ. Une ETA permet de voyager vers le Royaume-Uni, mais ne garantit pas l'entrée et n'autorise pas un travail dépassant les règles applicables aux visiteurs.

Les activités à distance liées à un emploi à l'étranger sont autorisées uniquement lorsque le télétravail n'est pas l'objet principal du séjour. Un travail à plein temps ou répété depuis le Royaume-Uni, notamment pendant de longs séjours, peut affaiblir l'affirmation selon laquelle la personne est un véritable visiteur.

Un permis de séjour suisse ne crée aucun droit d'immigration britannique. Il peut contribuer à prouver la résidence légale, l'emploi et les liens personnels hors du Royaume-Uni, mais le voyageur doit satisfaire aux exigences britanniques applicables aux visiteurs lors de chaque séjour.

Les voyages mensuels ne sont pas automatiquement interdits, mais il n'existe aucune fréquence sûre. Les autorités britanniques peuvent examiner la durée et l'objet de chaque séjour, le temps passé hors du Royaume-Uni et la question de savoir si le voyageur occupe en pratique un poste britannique ou fait du Royaume-Uni sa résidence principale.

Selon les circonstances, les éléments utiles peuvent comprendre le voyage de retour, l'hébergement, une lettre de l'employeur suisse, les ordres du jour, les invitations et la preuve de l'emploi et de la résidence hors du Royaume-Uni. Ces documents ne sont que des exemples et doivent décrire exactement les activités prévues.

Le refus intègre les antécédents d'immigration britanniques et peut affecter les voyages futurs, l'éligibilité à une ETA ou les demandes de visa de visiteur. Avant un nouveau voyage, il convient d'examiner attentivement le motif du refus et le schéma de déplacements ou d'activités qui l'a provoqué.

Non. Un visa de deux, cinq ou dix ans permet plusieurs voyages, mais limite normalement chaque séjour à six mois et n'autorise ni résidence ni travail interdit. Il peut être annulé si les antécédents de voyage démontrent que le titulaire vit à plusieurs reprises au Royaume-Uni.


 Cet article résume le droit britannique de l'immigration et de la nationalité ainsi que les directives applicables à la date de sa rédaction. Les faits, les preuves, le statut d'immigration et le positionnement procédural peuvent influer sur l'issue. Il est fourni à titre d'information générale uniquement et ne constitue pas un conseil juridique.

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