top of page

Visite d’affaires ou permis de travail suisse ? Classer les déplacements mixtes en Suisse

  • Paul Richmond
  • il y a 2 jours
  • 9 min de lecture
Visite d’affaires ou permis de travail suisse ? Classer les déplacements mixtes en Suisse

Un salarié étranger doit se rendre à Zurich pour des négociations, un atelier avec un client suisse et deux jours de configuration système avant la mise en production. En interne, le déplacement peut être qualifié de visite d’affaires. Aux fins de l’immigration suisse, cette qualification n’est pas déterminante. La question décisive est celle de savoir ce que le salarié fera concrètement pendant sa présence physique en Suisse.

 

Cet article s’adresse aux entreprises non suisses, aux équipes RH et de mobilité internationale, aux juristes d’entreprise et aux chefs de projet qui planifient des déplacements en Suisse comprenant des réunions ainsi que des éléments techniques, de conseil, de formation, de mise en œuvre ou de livraison de projet. Il explique comment distinguer une activité de visiteur d’affaires d’une activité de travail, dans quels cas la procédure de notification ou une autorisation de travail de courte durée peut être pertinente, et quels points examiner avant le voyage.

 

Partir de l’activité en Suisse, et non de l’intitulé du déplacement


La classification suisse commence par la substance de l’activité exercée en Suisse. Dans le cadre de la LEI/AIG et de l’OASA/VZAE, la notion d’activité lucrative est large : une activité qui dépasse le simple petit service et qui est normalement rémunérée peut constituer une activité lucrative, même si le séjour est bref ou si le salaire est versé à l’étranger. Les Directives LEI du SEM indiquent également que les ressortissants étrangers ne sont généralement pas autorisés à travailler en Suisse sans le permis ou la voie de déclaration appropriée.

 

Le fait que le salarié reste sur une paie étrangère, que le séjour soit court, que la rémunération soit limitée ou qu’un code interne de déplacement professionnel soit utilisé ne suffit pas, en soi, à transformer l’activité en visite d’affaires. L’itinéraire doit être cartographié tâche par tâche : qui participe, où le salarié sera physiquement présent, ce qui sera livré, qui en bénéficie en Suisse, qui supervise le travail et si un client ou une société affiliée suisse dépend du résultat.

 

Les itinéraires mixtes ne doivent pas être classés comme un seul bloc. Une réunion de négociation peut relever d’une activité de visiteur ; la configuration ultérieure d’un logiciel par le même voyageur sur le site d’un client suisse peut exiger une analyse au regard d’une voie de travail.

 

Visite d’affaires ou travail : la distinction pratique


Les visites d’affaires sans travail sont généralement passives, représentatives ou préparatoires. Il peut s’agir, par exemple, de visites de représentants dirigeants, de négociations et signatures de contrats, de réunions de relation client, d’une participation passive à une conférence, d’un échange général d’informations ou d’un cours théorique lorsque le visiteur n’est pas intégré à une activité productive.

 

À l’inverse, la livraison de projet en Suisse présente un risque plus élevé. La prestation de formation, le conseil spécifique à un client, l’exécution de projet, la configuration de logiciels, l’installation, la réparation, la maintenance, la mise en service et les tests d’acceptation devraient normalement déclencher une analyse de la voie de travail applicable. Les Directives LEI distinguent l’activité lucrative avec prise d’emploi en Suisse, l’activité lucrative sans prise d’emploi en Suisse et les prestations de services transfrontalières ; elles traitent également certaines activités, telles que celles des installateurs et des exposants, comme des exemples d’activité de services transfrontaliers plutôt que comme de simples visites d’affaires.


Activité relevant plus probablement d’une visite d’affaires

Activité nécessitant plus probablement une analyse de voie de travail

Négocier un contrat

Exécuter le contrat en Suisse

Participer passivement à un atelier

Dispenser une formation ou diriger du personnel suisse

Discussion commerciale ou réunion de relation client

Conseil ou mise en œuvre spécifique à un client

Suivre un cours théorique

Intégration pratique ou support technique productif

Coordination générale

Exécution de projet, mise en service ou tests en Suisse


L’intitulé de l’ordre du jour ne suffit pas. Un « atelier » peut désigner une participation passive, ou bien une prestation de formation et une planification de mise en œuvre. Le « support » peut signifier une discussion, ou bien le dépannage d’un système suisse.

 

Un court séjour n’est pas une zone sûre pour visiteur d’affaires


La durée influence la voie possible ; elle ne détermine pas si l’activité constitue un travail. Les notions de 90 jours ou trois mois, le seuil de huit jours et la voie de 120 jours/quatre mois relèvent de mécanismes suisses différents et ne doivent pas être fusionnés en une règle générale applicable aux courts séjours.

 

Pour les ressortissants UE/AELE et les prestataires de services détachés ou indépendants remplissant les conditions applicables, la procédure de notification peut autoriser le travail jusqu’à 90 jours de travail effectifs par année civile dans le cadre de l’ALCP/FZA, sous réserve des conditions applicables. Les indications du SEM précisent que les missions doivent en principe être annoncées au moins huit jours avant le début du travail, tandis qu’une prise d’emploi de courte durée auprès d’une entreprise suisse doit être annoncée au plus tard la veille du début de l’activité. Certains secteurs et certaines activités locales en Suisse peuvent exiger une annonce dès le premier jour.

 

Pour les ressortissants d’États tiers, l’analyse est généralement plus restrictive. Le travail pour un employeur suisse, pour un établissement suisse d’une entreprise étrangère, ou en vue de la construction d’ouvrages ou d’installations en Suisse requiert normalement une autorisation préalable à l’entrée dès le premier jour. Une activité lucrative sans prise d’emploi en Suisse peut être possible sans autorisation uniquement jusqu’à huit jours par année civile, sauf si un secteur soumis à l’obligation dès le premier jour s’applique. Une autorisation de travail de courte durée allant jusqu’à quatre mois sur une période de 12 mois peut être pertinente dans certains cas, mais elle demeure une voie d’autorisation de travail.

 

Avant de fixer les dates, les entreprises devraient compter les jours de travail en Suisse, vérifier les visites répétées au cours de l’année civile, identifier le secteur, confirmer la structure de l’employeur et du bénéficiaire, et vérifier si une notification préalable ou une autorisation avant l’entrée est requise pour les missions de courte durée.

 

L’autorisation d’entrée est une question distincte


Un visa Schengen ou une entrée sans visa concerne l’entrée et le court séjour. Il ne constitue pas, en soi, une autorisation d’exercer une activité lucrative en Suisse. Les indications du SEM relatives à l’entrée en Suisse précisent que les conditions d’entrée varient selon le motif du séjour, notamment tourisme, visite, activité lucrative, regroupement familial ou études.

 

La séquence la plus sûre consiste donc à classifier l’activité, sélectionner la voie suisse appropriée — visiteur, procédure de notification ou autorisation de travail — puis coordonner les exigences de visa ou d’entrée. Les lettres d’invitation et les documents de visa doivent correspondre à l’itinéraire réel. Si les documents décrivent uniquement des « réunions » alors que le cahier des charges prévoit une installation, une mise en service ou une mise en œuvre, l’incohérence peut créer un risque à la frontière, lors d’une inspection du travail ou dans une demande ultérieure.

 

Détachement, emploi local et étiquettes d’entreprise


Un travailleur détaché reste employé à l’étranger tout en effectuant temporairement un travail en Suisse, souvent pour un client suisse ou dans le cadre d’un projet de groupe. L’emploi local implique un employeur suisse ou un établissement suisse. Un transfert intragroupe, un détachement ou une étiquette de voyage d’affaires décrit l’arrangement interne de l’entreprise ; il ne remplace pas l’analyse suisse en matière d’immigration.

 

Lorsque les règles de détachement s’appliquent, le respect des conditions de travail et de salaire au titre de la loi sur les travailleurs détachés (LDét/EntsG) peut également être pertinent. La procédure de notification est une voie de conformité pour le travail, et non une catégorie de visite d’affaires.

 

Exemple pratique : un ingénieur employé par une société étrangère du groupe assiste le matin à un comité de pilotage à Genève, puis passe trois jours à mettre en service des équipements pour une société affiliée suisse. Le comité peut relever d’une activité de visiteur ; la mise en service nécessitera probablement une analyse de voie de travail. La question de savoir si une notification, la conformité applicable aux travailleurs détachés, une autorisation locale ou une autre voie de permis est appropriée dépend de la nationalité, de la structure de l’employeur, de la durée, du secteur et des modalités d’accueil en Suisse.

 

Travail à distance depuis la Suisse


Le travail sur ordinateur portable ne doit pas être traité à la légère. Les entreprises ne devraient pas présumer que la Suisse offre une autorisation générale de type « nomade numérique » aux salariés étrangers de passage en Suisse.

 

Les circulaires du SEM distinguent une situation étroite de télétravail UE/AELE d’un travail orienté vers le marché suisse. Les ressortissants UE/AELE travaillant en Suisse pour un employeur étranger, sans lien direct avec le marché du travail suisse et sans contact avec des clients suisses, peuvent être traités différemment d’une prestation de services fournie en Suisse. Lorsqu’il existe un client suisse, un projet suisse, un contact avec la clientèle suisse ou un effet direct sur le marché suisse, l’analyse change. Les ressortissants d’États tiers ne devraient pas se fonder sur une analyse de télétravail UE/AELE sans avis distinct.

 

Les politiques de déplacement devraient donc distinguer les courriels accessoires envoyés pour un employeur étranger de la prestation de services fournie en Suisse.

 

Examiner les preuves avant le déplacement


Les autorités peuvent regarder au-delà des étiquettes telles que réunion, conférence, formation, atelier ou support. Aucun document unique n’est déterminant ; l’ensemble du dossier factuel compte. Une lettre d’invitation rédigée comme pour une visite peut être fragilisée par un contrat, un cahier des charges ou un plan de projet faisant état d’une mise en œuvre, d’un dépannage ou d’une livraison.

 

Les documents à examiner peuvent inclure les ordres du jour, lettres d’invitation, contrats, cahiers des charges, bons de commande, lettres de détachement, descriptions de projet, supports de formation, livrables, détails du site de travail, correspondance suisse, historique des déplacements et notifications ou permis antérieurs. Il s’agit uniquement d’exemples. Les exigences dépendent des faits, de la nationalité, de la voie choisie, du canton, du calendrier et de la posture procédurale.

 

Chez Richmond Chambers Switzerland, nous fournissons des listes de contrôle documentaires adaptées aux circonstances du client et examinons les preuves justificatives au regard de leur cohérence, de leur contenu, de leur format, de leur traduction, de leur certification, de leur date et des exigences de dépôt.

 

Contactez nos avocats en immigration en Suisse


Chez Richmond Chambers Switzerland, nos avocats spécialisés en immigration suisse conseillent les entreprises, les équipes RH et les juristes d’entreprise sur la question de savoir si un déplacement proposé en Suisse constitue une visite d’affaires, un travail de courte durée soumis à notification, une mission de travailleur détaché, un transfert intragroupe, un cas d’emploi local ou une question d’autorisation de travail de courte durée. Nous pouvons examiner les itinéraires proposés, les contrats et les preuves justificatives avant le déplacement, identifier la voie correcte et contribuer à réduire les risques évitables à la frontière, lors d’une inspection ou dans une future demande.

 

Pour organiser une réunion de première consultation, contactez Richmond Chambers Switzerland par téléphone au +41 21 588 07 70.

 

Foire Aux Questions : Visite D’Affaires Ou Permis De Travail En Suisse


Quand une visite d’affaires en Suisse risque-t-elle d’être considérée comme du travail ?

Un séjour en Suisse risque davantage de nécessiter une analyse sous l’angle du travail si le salarié réalise une activité productive sur place, comme de la configuration logicielle, de l’installation, de la mise en service, de la formation, du support technique ou du conseil spécifique à un client. En droit suisse de l’immigration, ce sont les activités réellement exercées en Suisse qui comptent, et non l’intitulé interne du déplacement.

Oui. Un séjour de courte durée n’est pas automatiquement une simple visite d’affaires. La durée peut influencer la procédure applicable, par exemple une annonce ou une autorisation de courte durée, mais elle ne détermine pas à elle seule si l’activité constitue du travail.

Les négociations, signatures de contrats, réunions relationnelles et échanges généraux d’informations relèvent plus souvent d’une activité de visiteur d’affaires. Toutefois, si le même déplacement comprend aussi de la mise en œuvre, de l’exécution de projet ou des travaux techniques, ces éléments doivent être examinés séparément.

Non. Le versement du salaire à l’étranger ne suffit pas à qualifier l’activité de visite d’affaires. Les autorités suisses peuvent tout de même considérer l’activité comme lucrative si elle dépasse une présence passive ou préparatoire et bénéficie à un client, projet, affilié ou site suisse.

La procédure d’annonce suisse peut permettre à certains ressortissants UE/AELE, prestataires détachés ou indépendants remplissant les conditions requises de travailler en Suisse pendant une période limitée. Il s’agit d’une voie de conformité pour le travail, et non d’une catégorie de visite d’affaires.

Les ressortissants d’États tiers font généralement l’objet d’une analyse plus restrictive. Selon la structure de l’employeur, le secteur et l’activité prévue, un travail pour un employeur suisse, un établissement suisse ou un projet d’installation en Suisse peut nécessiter une autorisation avant l’entrée sur le territoire.

Non. Un visa Schengen ou une entrée sans visa concerne l’entrée et le court séjour ; cela n’autorise pas automatiquement l’exercice d’une activité lucrative en Suisse. Les entreprises doivent d’abord qualifier l’activité, puis veiller à ce que le visa, la lettre d’invitation et les documents justificatifs correspondent à l’itinéraire réel.

Le télétravail depuis la Suisse doit être examiné avec prudence. Quelques courriels accessoires pour un employeur étranger peuvent être traités différemment d’un travail lié au marché suisse, à un client suisse, à un projet suisse, à des contacts avec des clients suisses ou à un impact direct sur le marché suisse.


Cet article résume le droit suisse de l’immigration et les indications disponibles à la date de rédaction. Les faits individuels, les preuves, la pratique cantonale et la posture procédurale peuvent influer sur le résultat. Il est fourni à titre d’information générale uniquement et ne constitue pas un conseil juridique.

ABONNEZ-VOUS À NOTRE CENTRE DE CONNAISSANCES

Ne manquez rien, abonnez-vous à notre Centre de connaissances pour être averti dès qu'un nouvel article est publié.

bottom of page