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Notification des travailleurs détachés en Suisse : les courtes missions suisses sont-elles sans risque ?

  • Photo du rédacteur: Paul Richmond
    Paul Richmond
  • 13 juil.
  • 9 min de lecture
Notification des travailleurs détachés en Suisse : les courtes missions suisses sont-elles sans risque ?

Une réparation d’une journée, une installation, une intervention informatique ou une remise sur site client en Suisse peut néanmoins créer un risque de conformité en matière d’immigration et de travailleurs détachés. La courte durée, une paie étrangère, un contexte intragroupe ou une confirmation d’annonce en ligne ne rendent pas, à eux seuls, la mission sûre. La voie applicable doit être évaluée avant le voyage.

 

Cet article s’adresse aux entreprises situées hors de Suisse qui prévoient de courts déplacements professionnels en Suisse. Il explique dans quels cas la procédure de notification des travailleurs détachés peut être pertinente, pourquoi le comptage des jours est important, et comment les visites répétées, les règles des huit jours, les éléments liés au Royaume-Uni ou aux États tiers, ainsi que les obligations de droit du travail, peuvent influencer la planification d’un déploiement.

 

Commencer par l’activité en Suisse, et non par l’étiquette du déplacement


La première question est de savoir si le voyageur exercera une activité lucrative en Suisse. Les étiquettes internes telles que « voyage d’affaires », « visite de projet » ou « formation » ne sont pas déterminantes. La documentation du SEM distingue les brèves réunions d’affaires, les négociations, la signature de contrats, les visites préparatoires et la participation passive à une conférence d’une activité productive. Elle traite la formation sur le poste, les travaux de réparation ou de maintenance et la mise en œuvre d’un projet comme des activités présentant le caractère d’une activité lucrative.

 

Un test pratique consiste à se demander si le voyageur va produire, réparer, installer, configurer, exploiter, superviser une livraison ou contribuer à un livrable sur un site suisse. Si tel est le cas, il faut évaluer la voie de notification ou de permis de travail suisse, même lorsque le travailleur reste employé et rémunéré à l’étranger.

 

Quand la procédure suisse de notification peut être disponible


La notification n’est pas une exemption générale de permis de travail. Dans le cadre de l’ALCP / FZA, la prestation transfrontalière de services par des travailleurs détachés ou des prestataires de services indépendants est libéralisée jusqu’à 90 jours de travail effectifs par année civile, sous réserve d’une annonce préalable. Les directives du SEM indiquent que le calcul des 90 jours s’applique à la fois à l’entreprise de détachement et au travailleur détaché.

 

La procédure d’annonce électronique peut être disponible pour les ressortissants UE/AELE qui prennent un emploi direct de courte durée auprès d’une entreprise suisse, pour les travailleurs détachés par une entreprise établie dans l’UE/AELE, et pour les prestataires de services indépendants ressortissants UE/AELE établis dans un État UE/AELE. Un ressortissant d’État tiers détaché par une entreprise UE/AELE doit généralement avoir été intégré durablement au marché régulier du travail UE/AELE, ce qui est couramment démontré par au moins 12 mois de séjour légal ou d’admission sur le marché du travail. Le SEM précise également que la notification ne s’applique pas aux autres catégories.

 

L’emploi direct en Suisse doit être distingué du détachement. Pour une prise d’emploi directe admissible et de courte durée auprès d’un employeur suisse, les directives du SEM renvoient à une annonce au plus tard la veille du début du travail ; pour les travailleurs détachés et les prestataires de services indépendants, l’annonce doit normalement être déposée au moins huit jours avant le début du travail.

 

La prestation de services n’est pas une location de services


Le destinataire suisse doit recevoir un service défini, et non une simple capacité de travail. Le SECO décrit les services de recrutement temporaire comme des situations dans lesquelles l’employeur met des travailleurs à disposition d’une autre entreprise et lui transfère le pouvoir de donner des instructions. Les directives du SEM indiquent que la location de personnel depuis l’étranger pour travailler en Suisse n’est pas autorisée.

 

C’est un risque particulier dans les transferts intragroupe, le support informatique et les arrangements de type « mise à disposition de personnel ». Si l’entité suisse dirige le travailleur au quotidien comme s’il faisait partie de son propre personnel, la notification ne doit pas être utilisée pour masquer la structure réelle.

 

Suivre la limite annuelle de 90 jours de travail


Pour les prestataires de services admissibles établis dans l’UE/AELE, la limite de 90 jours de travail effectifs est annuelle ; elle n’est pas réinitialisée par un nouveau projet, client, canton, bon de commande ou site de travail. Dans les cas de détachement, le compteur doit être suivi à la fois au niveau de l’entreprise et au niveau de chaque travailleur.

 

Les entreprises devraient tenir un registre par société employeuse, travailleur, client ou commande, site de travail et date. La rotation du personnel peut réduire le compteur d’un travailleur individuel, mais elle ne supprime pas le compteur au niveau de l’entreprise.

 

Comment compter les jours de notification en Suisse


Le comptage des jours crée souvent des difficultés parce que les équipes de projet comptent les nuits d’hôtel, la présence calendaire ou les « demi-journées ». Pour le compteur de l’entreprise, ce qui importe est le nombre de jours pendant lesquels des travailleurs détachés sont en Suisse pour travailler, et non le nombre de travailleurs présents sur le site. Le SECO donne l’exemple de trois travailleurs détachés pendant les mêmes cinq jours, ce qui consomme cinq jours d’entreprise, tandis que le SEM distingue les travailleurs présents simultanément de ceux envoyés successivement.

 

Un jour de pur voyage sans travail sera généralement différent d’un jour d’arrivée comprenant un accès au site, l’installation d’équipements, des tests, une remise ou des appels de livraison. Un travailleur ne devrait pas être annoncé simultanément sur deux sites de travail, même si des sites consécutifs le même jour peuvent être possibles lorsque les horaires de travail sont consignés.

 

Les preuves peuvent être importantes lorsqu’un jour est traité comme un simple jour de voyage. Elles peuvent inclure, par exemple, les justificatifs de voyage, réservations d’hôtel, journaux de travail, feuilles de temps, relevés d’accès au site, plannings de projet et courriels. Il ne s’agit que d’exemples ; les exigences dépendent des faits, de la voie applicable, du canton, du calendrier et de la procédure.

 

Ne pas confondre les deux règles des huit jours


La première règle concerne le moment où la notification devient nécessaire. Pour les travailleurs détachés et les prestataires de services indépendants, l’activité doit généralement être annoncée lorsque le travail en Suisse dépasse huit jours dans une année civile. Dans certains secteurs énumérés, notamment la construction et le second œuvre, le jardinage et l’aménagement paysager, l’hôtellerie-restauration, le nettoyage, la sécurité, le commerce itinérant et l’industrie du sexe, l’annonce est requise dès le premier jour.

 

La seconde règle concerne le délai. Lorsque la notification est requise, elle doit normalement être déposée au moins huit jours avant le début du travail. Le raccourcissement en cas d’urgence est limité et ne doit pas être traité comme un outil de planification. Les directives du SEM et du SECO renvoient à des urgences clairement définies, telles que des réparations à la suite d’un dommage imprévisible, lorsque les travaux visent à prévenir d’autres dommages et commencent immédiatement, en règle générale dans les trois jours calendaires.

 

Missions répétées, changements et travaux de suivi


Les visites répétées ne réinitialisent pas les compteurs suisses. Chaque mission en Suisse doit être correctement saisie, et les modifications apportées à une annonce déjà déposée peuvent nécessiter un contact rapide avec l’autorité cantonale compétente ou une nouvelle annonce. Un changement de site de travail peut déclencher un nouveau délai d’attente de huit jours.

 

L’approche opérationnelle la plus sûre consiste à suivre l’activité en Suisse par employeur légal, travailleur, client ou commande et site de travail. Le fractionnement artificiel des missions ou la rotation des salariés dans le seul but d’éviter les limites doit être traité comme un risque de conformité, et non comme une stratégie.

 

Les éléments liés au Royaume-Uni et aux États tiers peuvent modifier l’analyse


Il ne faut pas présumer que les règles UE/AELE s’appliquent mondialement. Les employeurs britanniques et les prestataires de services du Royaume-Uni relèvent d’un accord séparé entre la Suisse et le Royaume-Uni sur la mobilité des fournisseurs de services, appliqué depuis le 1er janvier 2021 et que le SEM indique comme restant valable jusqu’au 31 décembre 2029 pour la prestation facilitée de services jusqu’à 90 jours par année civile. Les citoyens britanniques qui prennent un emploi direct auprès d’un employeur suisse pour une durée maximale de trois mois ne peuvent plus utiliser la procédure de notification et doivent obtenir une autorisation au titre de la voie LEI / AIG.

 

Lorsque l’entreprise d’envoi ou le travailleur ne relève pas du cadre UE/AELE ou du cadre applicable aux prestataires de services britanniques, une évaluation de permis au titre de la LEI / AIG, de l’OASA / VZAE et des Directives du SEM est normalement requise. Les directives du SECO indiquent que les demandes relatives aux détachements de plus de 90 jours depuis l’UE, ainsi que celles concernant les ressortissants non UE/AELE dès le premier jour, doivent être déposées auprès de l’autorité cantonale compétente en matière de migration et de marché du travail.

 

La notification d’immigration ne met pas fin à la conformité des travailleurs détachés


Même lorsque la notification est disponible, le cadre de la loi sur les travailleurs détachés reste important. Les employeurs étrangers qui détachent des travailleurs en Suisse doivent respecter les conditions minimales de travail et de salaire, y compris la rémunération minimale, les périodes de travail et de repos, les vacances, la santé et la sécurité au travail, la protection des femmes enceintes, des enfants et des jeunes, ainsi que la non-discrimination. Selon le secteur, les conventions collectives de travail peuvent également imposer des contributions aux frais d’exécution, des contributions à la formation, des cautionnements ou des peines conventionnelles.

 

Les entreprises devraient également vérifier le remboursement des frais, l’hébergement, les questions de professions réglementées et la TVA. Une notification d’immigration n’est qu’un élément de la conformité d’un déploiement en Suisse.

 

Questions à résoudre avant de réserver le voyage


Avant le voyage, confirmez l’activité réelle en Suisse, l’employeur légal, la nationalité et le statut de séjour du travailleur, la personne qui dirigera le travail, le secteur, les compteurs annuels au niveau de l’entreprise et du travailleur, l’historique du site de travail, le délai de dépôt et les obligations suisses en matière de salaire et de conditions de travail.

 

Contactez nos avocats en immigration en Suisse


Les avocats spécialisés en immigration suisse de Richmond Chambers Switzerland conseillent les employeurs étrangers, les destinataires suisses et les groupes internationaux sur les missions suisses de courte durée, les notifications de travailleurs détachés, la stratégie de permis au titre de la LEI / AIG et de l’OASA / VZAE, les questions liées au Royaume-Uni et aux États tiers, les risques de comptage des jours, ainsi que la conformité des travailleurs détachés avant le déploiement.

 

Pour organiser une réunion de première consultation, contactez Richmond Chambers Switzerland par téléphone au +41 21 588 07 70 ou remplissez notre formulaire de demande de renseignements.

 

Questions fréquentes : Notification des travailleurs détachés en Suisse


Une mission d’une journée en Suisse est-elle sans risque sans notification de travailleur détaché ?

Pas forcément. Même une courte mission en Suisse peut présenter un risque en matière d’immigration et de détachement si la personne effectue un travail productif, par exemple une réparation, une installation, une configuration, une maintenance, une supervision ou une remise sur site.

La procédure de notification peut être pertinente lorsqu’un employeur établi dans l’UE/AELE détache des travailleurs en Suisse, lorsqu’un prestataire indépendant de l’UE/AELE intervient en Suisse, ou lorsqu’un ressortissant UE/AELE prend un emploi direct de courte durée auprès d’un employeur suisse. Elle ne constitue pas une exemption générale de permis de travail et doit être vérifiée avant le déplacement.

Oui. Pour les prestations de services admissibles depuis l’UE/AELE, la limite de 90 jours de travail effectif par année civile doit être suivie à la fois au niveau de l’entreprise détachante et au niveau du travailleur concerné.

Pour le compteur de l’entreprise, il faut regarder les jours pendant lesquels des travailleurs détachés se trouvent en Suisse pour travailler, et non le nombre de personnes présentes. Trois travailleurs détachés pendant les mêmes cinq jours peuvent donc consommer cinq jours d’entreprise, tandis que des interventions successives peuvent augmenter le total.

La première règle concerne l’obligation de notifier : de nombreuses prestations deviennent notifiables lorsque le travail en Suisse dépasse huit jours par année civile, tandis que certains secteurs exigent une notification dès le premier jour. La seconde règle concerne le délai : lorsqu’une notification est requise, elle doit en principe être déposée au moins huit jours avant le début du travail.

Non. Les missions répétées en Suisse ne réinitialisent pas les compteurs annuels de l’entreprise ou du travailleur, même en cas de nouveau projet, client, site ou bon de commande. Les entreprises doivent suivre chaque intervention avec précision et éviter les fractionnements artificiels ou rotations de personnel comme stratégie de conformité.

Cela dépend du travailleur, de l’employeur et du cadre juridique applicable. Les prestations de services britanniques peuvent relever de l’accord Suisse–Royaume-Uni sur la mobilité des services, tandis que d’autres situations impliquant des ressortissants d’États tiers nécessitent souvent une analyse de permis selon le droit suisse de l’immigration.

Non. Même lorsque la notification est possible, l’employeur étranger doit respecter les obligations suisses relatives au détachement, notamment en matière de salaire, de temps de travail, de repos, de vacances, de santé et sécurité, de non-discrimination et de règles sectorielles ou conventions collectives applicables.


Cet article résume le droit suisse de l’immigration et les directives applicables à la date de rédaction. Les faits individuels, les preuves, le traitement cantonal et la posture procédurale peuvent avoir une incidence sur l’issue. Il est fourni à titre d’information générale uniquement et ne constitue pas un conseil juridique.

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