top of page

Permis de séjour de retraite en Suisse : autonomie financière et absence d’activité lucrative

  • Photo du rédacteur: Paul Richmond
    Paul Richmond
  • 17 avr.
  • 8 min de lecture
Permis de séjour de retraite en Suisse : autonomie financière et absence d’activité lucrative

La Suisse demeure attractive pour les retraités en mobilité internationale, mais le droit suisse de l’immigration traite la résidence à la retraite avec prudence. Il n’existe pas de « visa de retraite » suisse autonome. La résidence de retraite suisse est examinée dans le cadre des permis de séjour pour personnes sans activité lucrative, avec des règles différentes selon que le demandeur est ressortissant UE/AELE ou non UE/AELE. Pour de nombreux demandeurs, les deux questions centrales sont de savoir s’ils peuvent rester financièrement autonomes en Suisse et si leurs projets sont compatibles avec un véritable statut de personne ne travaillant pas.

 

Cet article s’adresse aux retraités qui envisagent une résidence de longue durée en Suisse, en particulier aux ressortissants non UE/AELE qui déposent une demande au titre de l’article 28 LEI / AIG, aux retraités UE/AELE qui s’appuient sur les règles de l’ALCP / FZA applicables aux personnes économiquement inactives, ainsi qu’aux personnes fortunées qui doivent comprendre comment les pensions, les investissements, les fonctions consultatives, les mandats d’administrateur ou le télétravail peuvent affecter un permis de séjour de retraite suisse.

 

La résidence de retraite en Suisse n’est pas une voie unique


Pour les ressortissants UE/AELE, la retraite relève normalement du cadre de l’ALCP / FZA applicable aux personnes n’exerçant pas d’activité économique. Les conditions essentielles sont des ressources financières suffisantes et une assurance-maladie complète. Il n’existe pas, pour cette voie, de seuil général d’âge de retraite. Pour les pensionnés, la pratique suisse de mise en œuvre examine si les ressources dépassent le niveau qui ouvrirait droit, pour un ressortissant suisse, à des prestations complémentaires.

 

Pour les ressortissants non UE/AELE, l’analyse est plus stricte. L’article 28 LEI / AIG, lu avec l’article 25 OASA / VZAE, permet l’admission de certains retraités s’ils ont atteint l’âge requis, disposent de liens personnels particuliers avec la Suisse, possèdent les moyens financiers nécessaires et n’exercent pas d’activité lucrative. L’article 25 OASA / VZAE fixe l’âge minimal à 55 ans et précise que l’activité lucrative est exclue en Suisse comme à l’étranger, sauf pour la gestion des propres actifs du demandeur. Il s’agit d’une voie discrétionnaire, et non d’un droit.

 

L’autonomie financière dans une demande suisse de retraite


L’autonomie financière n’est pas appréciée au moyen d’un seuil patrimonial national unique. Les autorités examinent si le demandeur peut réellement assumer le coût de la vie en Suisse sans recourir à l’aide sociale, tant lors de la demande initiale qu’au moment du renouvellement.

 

Un dossier de retraite solide explique généralement le budget suisse prévu par le demandeur, notamment le logement, l’assurance-maladie obligatoire, l’exposition fiscale, les dépenses courantes et les imprévus. Il doit également démontrer que les revenus ou le capital invoqués sont stables, licites, accessibles et compréhensibles. Pour les retraités non UE/AELE, les orientations du SEM attendent que les fonds soient disponibles avec un haut degré de certitude à vie, afin que le risque de recours à l’assistance publique soit négligeable.

 

Les éléments utiles peuvent notamment inclure :

 

  • des décisions d’octroi de pension et l’historique des paiements ;

  • des relevés bancaires et de portefeuille démontrant des actifs liquides ;

  • des déclarations fiscales ou documents de résidence fiscale ;

  • des preuves de l’origine licite des fonds ;

  • des éléments relatifs au logement et à la planification de l’assurance-maladie.


Ces documents ne sont que des exemples. La pratique cantonale, l’âge du demandeur, sa situation familiale, le canton de résidence, la structure de ses actifs et le risque au renouvellement peuvent tous influencer les preuves appropriées. Le soutien familial informel est généralement moins solide que les revenus ou les actifs propres du demandeur, sauf s’il est garanti et crédible dans la durée.

 

Pourquoi les liens personnels particuliers sont importants pour les retraités non UE/AELE


Une faiblesse fréquente des demandes de retraite déposées par des ressortissants non UE/AELE consiste à supposer que la fortune suffit à elle seule. Ce n’est pas le cas. L’article 28 LEI / AIG exige également des liens personnels particuliers avec la Suisse. L’article 25 OASA / VZAE mentionne, par exemple, des séjours antérieurs relativement longs ou des relations étroites avec des proches parents en Suisse, mais les directives officielles et la jurisprudence exigent une analyse attentive.

 

Les liens familiaux peuvent aider, mais ils ne satisfont pas automatiquement à l’exigence. Les autorités peuvent rechercher des liens sociaux, culturels ou personnels indépendants avec la Suisse, tels qu’une résidence antérieure significative, des liens communautaires, une présence régulière et durable ou un centre de vie crédible en Suisse. La propriété immobilière ou les liens économiques ne suffisent généralement pas à eux seuls.

 

La règle d’absence d’activité lucrative pour la résidence de retraite suisse


La règle d’« absence d’activité lucrative » n’interdit pas d’avoir des centres d’intérêt, des investissements ou une vie structurée. Elle vise à empêcher qu’un permis de séjour non actif devienne une plateforme de travail.

 

Pour les retraités non UE/AELE, la règle est particulièrement stricte. L’article 25 OASA / VZAE exclut toute activité lucrative en Suisse et à l’étranger, sauf la gestion des propres actifs du demandeur. Cela signifie que le conseil rémunéré, l’activité opérationnelle d’entreprise, les mandats d’administrateur rémunérés, la gestion d’une entreprise commerciale ou un télétravail structuré peuvent créer un risque migratoire sérieux, même lorsque les clients ou les sociétés se trouvent hors de Suisse.

 

Les revenus passifs sont différents. Les pensions, dividendes, intérêts, gains en capital et revenus d’investissements peuvent être compatibles avec une résidence de retraite lorsqu’ils sont véritablement passifs et ne dépendent pas de services continus. Un retraité qui a besoin de revenus de conseil continus pour satisfaire au critère financier peut fragiliser à la fois son dossier d’autonomie financière et sa prétention à être réellement retraité.

 

Conseil, mandats d’administrateur et télétravail


De nombreux retraités souhaitent rester légèrement impliqués dans leur vie professionnelle. La difficulté est qu’une implication « limitée » n’est pas nécessairement conforme au droit de l’immigration.

 

Une participation passive, la perception de dividendes ou la gestion d’un portefeuille d’investissements personnel seront généralement plus faciles à concilier avec la résidence de retraite. En revanche, le conseil rémunéré, le conseil en contact avec des clients, les décisions de gestion, le développement commercial, le pouvoir de signature, les réunions régulières du conseil d’administration ou le contrôle opérationnel d’une société peuvent être considérés comme une activité lucrative. L’analyse dépend des faits, de la rémunération, du rôle, de la fréquence, du lieu, de la finalité économique et de la question de savoir si l’activité ressemble à du travail plutôt qu’à une gestion privée d’actifs.

 

Les demandeurs doivent donc définir leurs activités après l’arrivée de manière prudente. Si le mode de vie envisagé implique un travail continu, une autre voie d’immigration suisse pourrait devoir être envisagée.

 

Présenter un projet de retraite suisse cohérent


Les autorités suisses répondent généralement le mieux aux demandes réalistes, transparentes et cohérentes. La déclaration personnelle, les preuves financières, la planification fiscale, les arrangements de logement et la situation professionnelle doivent tous raconter la même histoire : le demandeur prend réellement sa retraite, peut vivre en Suisse sans soutien public et ne participera pas au marché du travail.

 

Il convient d’éviter les formulations générales telles que « je pourrais continuer à faire du conseil de temps à autre » ou « je resterai disponible pour mes clients si nécessaire », sauf si les conséquences migratoires ont été analysées avec soin. De telles formulations peuvent modifier la manière dont le dossier est perçu. Une demande de retraite ne doit pas ressembler à un projet flexible de relocalisation d’entreprise.

 

Les demandeurs doivent également anticiper les renouvellements. La résidence de retraite ne consiste pas seulement à obtenir le permis initial. Le centre de vie du demandeur, son indépendance financière, son assurance-maladie, ses périodes d’absence et le respect de la condition d’absence de travail peuvent tous compter ultérieurement. Un permis B ne mène pas automatiquement à un permis C ni à la nationalité suisse ; des conditions distinctes de durée de résidence, d’intégration et de statut s’appliquent.

 

Fiscalité, imposition forfaitaire et immigration ne doivent pas être confondues


La résidence fiscale et la résidence au sens de l’immigration sont liées, mais elles ne sont pas identiques. Un accord d’imposition forfaitaire peut soutenir le récit financier dans certains cas, mais il ne confère pas, en lui-même, un permis de séjour suisse. De même, un permis d’immigration ne garantit pas un résultat fiscal particulier.

 

Les retraités doivent veiller à ce que leur position migratoire, leur résidence fiscale, la gestion de leurs actifs et toute activité professionnelle restante soient alignées. Les incohérences peuvent créer des difficultés lors du renouvellement ou dans une planification ultérieure de l’établissement.

 

Contactez notre cabinet d’avocats spécialisé en immigration suisse


Si vous envisagez un permis de séjour de retraite suisse, Richmond Chambers Switzerland peut vous conseiller sur le choix de la voie appropriée, les preuves d’autonomie financière, les liens personnels particuliers avec la Suisse, la règle d’absence d’activité lucrative et les risques migratoires liés à des activités de conseil, de mandat d’administrateur ou de télétravail envisagées. Nos avocats spécialisés en immigration suisse peuvent vous aider à préparer une stratégie de demande cohérente, tenant compte de votre nationalité, de votre canton, de vos finances, de votre situation familiale et de vos objectifs de résidence à long terme. Pour organiser un rendez-vous de première consultation, contactez Richmond Chambers Switzerland par téléphone au +41 21 588 07 70 ou remplissez notre formulaire de demande de renseignements.


Questions Fréquemment Posées : Permis De Retraite Suisse


Existe-T-Il Un Permis De Retraite Suisse Pour Les Retraités Étrangers ?

La Suisse ne prévoit pas de « visa de retraite » unique et autonome. La résidence à la retraite est généralement examinée dans le cadre des permis de séjour pour personnes sans activité lucrative, avec des règles différentes pour les ressortissants UE/AELE et non UE/AELE.

Quelles Sont Les Principales Conditions Financières Pour Obtenir Un Permis De Retraite Suisse ?

Le demandeur doit démontrer qu’il peut couvrir le coût de la vie en Suisse sans recourir à l’aide sociale. Les autorités peuvent examiner les pensions, les avoirs liquides, les revenus de placement, le logement, l’assurance maladie, la fiscalité et la stabilité des fonds disponibles.

Les Ressortissants Non UE/AELE Peuvent-Ils Prendre Leur Retraite En Suisse Selon L’Article 28 LEI / AIG ?

Les ressortissants non UE/AELE peuvent demander une admission fondée sur l’article 28 LEI / AIG s’ils remplissent les conditions relatives à l’âge, aux moyens financiers, aux liens personnels avec la Suisse et à l’absence d’activité lucrative. Cette voie relève du pouvoir d’appréciation des autorités et ne constitue pas un droit automatique au séjour.

Quels Liens Personnels Avec La Suisse Sont Importants Pour Une Résidence De Retraite ?

Les liens personnels particuliers peuvent inclure des séjours antérieurs prolongés, des proches parents en Suisse, des attaches sociales ou culturelles, une présence régulière de longue durée ou un véritable centre de vie en Suisse. La fortune, la propriété immobilière ou les intérêts économiques ne suffisent généralement pas à eux seuls.

Puis-Je Travailler À Distance Avec Un Permis De Retraite Suisse ?

Le travail à distance peut présenter un risque migratoire, en particulier pour les retraités non UE/AELE. Le conseil rémunéré, le travail à distance structuré, les mandats d’administrateur rémunérés ou l’activité opérationnelle dans une entreprise peuvent être considérés comme une activité lucrative, même lorsque les clients ou sociétés se trouvent à l’étranger.

Les Revenus Passifs D’Investissement Sont-Ils Compatibles Avec Une Résidence De Retraite Suisse ?

Les revenus passifs tels que les pensions, dividendes, intérêts, plus-values et revenus de placement peuvent être compatibles avec une résidence de retraite lorsqu’ils sont réellement passifs. La gestion de son propre patrimoine doit être distinguée de l’exploitation d’une entreprise ou de la fourniture continue de services.

Un Permis De Retraite Suisse Peut-Il Mener À La Résidence Permanente Ou À La Naturalisation ?

Un permis de retraite suisse ne mène pas automatiquement à un permis C ou à la nationalité suisse. Des conditions distinctes de durée de séjour, d’intégration, de statut et d’éligibilité s’appliquent, et le respect des conditions lors des renouvellements peut aussi être déterminant.

L’Imposition D’Après La Dépense Garantit-Elle Un Permis De Retraite Suisse ?

Non. L’imposition d’après la dépense peut, dans certains cas, renforcer le dossier financier, mais elle n’accorde pas en elle-même un droit de séjour en Suisse. La résidence fiscale, le statut migratoire, la gestion du patrimoine et toute activité professionnelle restante doivent être cohérents.


Cet article résume le droit suisse de l’immigration et les orientations applicables à la date de sa rédaction. Les faits individuels, les preuves, le traitement cantonal et la situation procédurale peuvent influer sur l’issue. Il est fourni à titre d’information générale uniquement et ne constitue pas un conseil juridique.

ABONNEZ-VOUS À NOTRE CENTRE DE CONNAISSANCES

Ne manquez rien, abonnez-vous à notre Centre de connaissances pour être averti dès qu'un nouvel article est publié.

bottom of page