Les retraités UE/AELE peuvent-ils vivre en Suisse sans travailler ?
- Paul Richmond
- il y a 3 jours
- 8 min de lecture

La nationalité UE/AELE offre aux retraités une voie de résidence suisse favorable, mais elle ne crée pas un droit inconditionnel de s’établir en Suisse. Avant de choisir un canton, de signer un bail ou d’organiser une planification fiscale suisse, un retraité UE/AELE devrait d’abord vérifier s’il peut remplir les conditions d’immigration applicables à la résidence sans activité lucrative.
Cet article explique la voie de résidence suisse généralement utilisée par les retraités UE/AELE, la manière dont les ressources financières et l’assurance sont évaluées, les situations dans lesquelles le télétravail peut compliquer le dossier, ainsi que les éléments susceptibles d’affecter le renouvellement après l’arrivée.
Existe-t-il un visa de retraite suisse pour les ressortissants UE/AELE ?
Il n’existe pas de « visa de retraite » suisse distinct pour les ressortissants UE/AELE. Les retraités déposent normalement leur demande en tant que personnes sans activité lucrative au titre de l’Accord sur la libre circulation des personnes, notamment l’article 6 ALCP / FZA et l’article 24 de l’annexe I ALCP / FZA, conjointement avec l’Ordonnance sur la libre circulation des personnes et les Directives OLCP du SEM.
Les conditions centrales sont des ressources financières suffisantes ainsi qu’une assurance maladie et accidents adéquate. Les indications du SEM confirment que les ressortissants UE/AELE sans activité lucrative peuvent séjourner en Suisse s’ils remplissent ces exigences, et que les retraités sont évalués dans ce cadre de résidence non active.
Cette voie doit être distinguée de l’article 28 LEI / AIG, qui concerne certains retraités ressortissants de pays tiers et relève d’un cadre différent et discrétionnaire. Un retraité UE/AELE ne devrait pas fonder sa demande sur le critère de l’âge, des liens personnels et du pouvoir d’appréciation prévu à l’article 28, sauf si une question distincte rend cette analyse pertinente.
Déposez-vous réellement une demande en tant que résident sans activité professionnelle ?
Le terme « retraité » n’est pas déterminant. Les autorités suisses de l’immigration examineront la substance des activités du demandeur.
Les revenus de pension, rentes, revenus passifs d’investissements, revenus locatifs et prestations étrangères seront généralement traités comme des ressources plutôt que comme un travail en Suisse. En revanche, les mandats d’administrateur, les activités de conseil, le consulting, un emploi étranger exercé depuis un domicile suisse, une activité indépendante ou des services fournis à des clients suisses peuvent nécessiter une analyse plus approfondie.
La circulaire du SEM sur le télétravail reconnaît que, dans le contexte UE/AELE, le travail effectué depuis la Suisse pour un employeur étranger peut être traité comme non actif lorsqu’il n’existe aucun lien avec le marché du travail suisse ou l’économie locale, ni acquisition de clients suisses ou activité en contact avec des clients suisses. Ce point doit être appliqué avec prudence : un emploi suisse, une activité indépendante suisse, des clients suisses ou une responsabilité liée au marché suisse peuvent nécessiter un permis de travail suisse ou une autre base d’immigration.
Comment les ressources financières des retraités UE/AELE sont-elles évaluées ?
Les résidents UE/AELE économiquement inactifs doivent disposer de ressources suffisantes pour eux-mêmes et les membres de leur famille concernés, afin de ne pas devenir dépendants de l’aide sociale suisse.
Pour les résidents UE/AELE sans activité lucrative en général, les Directives OLCP du SEM se réfèrent aux normes de la Conférence suisse des institutions d’action sociale comme référence pertinente en matière d’aide sociale. Pour les retraités nouvellement arrivés qui perçoivent une rente de sécurité sociale suisse ou étrangère, les autorités doivent également examiner si leurs ressources dépassent le niveau auquel une personne comparable aurait droit à des prestations complémentaires suisses.
Il n’existe pas de montant patrimonial national unique permettant de répondre avec certitude à tous les dossiers. Une demande crédible devrait expliquer le budget prévisionnel du ménage, y compris les pensions, les avoirs accessibles, le loyer, les primes d’assurance, les frais de vie ordinaires et les personnes à charge. La propriété immobilière peut soutenir l’image globale, mais elle ne prouve pas à elle seule que les ressources quotidiennes sont suffisantes.
Le soutien de tiers peut être pertinent, mais il ne doit pas être considéré comme un simple substitut aux moyens propres du demandeur. Lorsque le soutien d’un membre de la famille ou d’une autre personne est invoqué, les preuves devraient démontrer que les fonds sont réels, disponibles, durables et juridiquement ou pratiquement fiables.
Quelles preuves aident à démontrer l’autonomie financière ?
Les preuves devraient aller au-delà d’un solde bancaire à la date du dépôt. Elles devraient expliquer pourquoi le retraité et les membres de sa famille qui l’accompagnent peuvent vivre en Suisse sans soutien public.
Les documents potentiellement pertinents peuvent inclure des attestations de pension, des confirmations de rente, des relevés bancaires et d’investissement, des preuves de revenus locatifs, des confirmations de prestations étrangères, des informations sur le budget du ménage, le loyer prévu, des preuves relatives aux primes d’assurance et des justificatifs d’actifs accessibles. Lorsque le soutien de tiers est invoqué, il peut s’agir notamment d’un engagement clair, de preuves de solvabilité et d’éléments démontrant l’accès effectif aux fonds.
Ces exemples ne sont donnés qu’à titre indicatif. Les preuves requises dépendent des faits, du canton, du calendrier, de la composition familiale et de la situation procédurale. Les documents seuls ne garantissent pas l’approbation.
Une assurance maladie et accidents suffit-elle pour obtenir la résidence suisse ?
Les retraités UE/AELE qui déposent une demande sans activité lucrative doivent disposer d’une assurance maladie et accidents adéquate. Il s’agit d’une exigence du droit de séjour, qui devrait être planifiée avant le déménagement.
Cette question est distincte de celle, relevant du droit de l’assurance-maladie, de savoir si le retraité doit rejoindre l’assurance-maladie obligatoire suisse, peut s’appuyer sur une couverture étrangère coordonnée ou peut demander une exemption. Cette analyse peut dépendre de la source de la pension, du pays d’assurance précédent, de la situation familiale et de la pratique locale.
L’assurance voyage constitue rarement une hypothèse sûre pour planifier une résidence. Si un demandeur entend s’appuyer sur une couverture étrangère ou transfrontalière, son acceptabilité devrait être vérifiée avant le déménagement. Les coûts d’assurance devraient également être intégrés au budget d’autonomie financière pour chaque membre de la famille qui s’installe en Suisse.
Quelle est la durée de validité du permis B UE/AELE ?
Un demandeur UE/AELE sans activité lucrative dont la demande est acceptée reçoit généralement une autorisation de séjour B UE/AELE, habituellement valable cinq ans. Les indications du SEM et les Directives OLCP du SEM précisent que, dans des cas exceptionnels, les autorités peuvent limiter l’autorisation initiale à deux ans lorsqu’elles estiment qu’un contrôle plus rapproché est nécessaire.
L’approbation ne met pas fin à l’analyse. Le droit reste conditionné au maintien de ressources suffisantes et d’une assurance adéquate. Une stratégie de renouvellement peut devoir être réexaminée si les revenus de pension diminuent, si les taux de change évoluent de manière significative, si les actifs deviennent illiquides, si la composition du ménage change ou si l’assurance prend fin.
La planification des absences est également importante. Une carte de permis suisse ne remplace pas le maintien effectif de la résidence suisse. Les absences prolongées, l’annonce de départ ou l’abandon de la résidence peuvent avoir des conséquences en matière d’immigration et devraient être vérifiés avant le départ.
L’aide sociale ou les prestations complémentaires peuvent-elles mettre la résidence en péril ?
Oui. Pour un retraité UE/AELE dont la résidence dépend du statut de personne économiquement inactive et financièrement autonome, une dépendance ultérieure à l’aide sociale suisse peut mettre en péril le droit de séjour.
Dans le contexte de la résidence non active au titre de l’ALCP / FZA, le fait de demander des prestations complémentaires peut également créer de sérieuses difficultés de renouvellement ou de révocation. Les Directives OLCP du SEM indiquent que, si un retraité demande ultérieurement l’aide sociale ou des prestations complémentaires, l’autorisation peut être révoquée ou ne pas être renouvelée. Elles précisent également que la position du Tribunal fédéral dans l’ATF 149 II 1 concernant les permis C ne supprime pas ce risque lié à l’article 24 de l’annexe I ALCP / FZA.
Un retraité devrait demander conseil avant de solliciter un soutien public si sa résidence dépend de l’autonomie financière.
Les membres de la famille peuvent-ils rejoindre un retraité UE/AELE en Suisse ?
Les membres de la famille éligibles peuvent être en mesure de rejoindre un retraité UE/AELE en vertu des règles de regroupement familial sous l’ALCP / FZA, quelle que soit leur propre nationalité. Les catégories principales comprennent le conjoint, les descendants à charge âgés de moins de 21 ans ou autrement dépendants, ainsi que les ascendants à charge.
Le dossier devrait être évalué au niveau du ménage. Les ressources, le logement et l’assurance doivent être cohérents pour toutes les personnes qui s’installent, et les preuves de dépendance peuvent être importantes pour les descendants adultes ou les ascendants.
Les partenaires non mariés et les autres membres de la famille ne relevant pas des catégories principales ne devraient pas être traités comme des cas automatiques. Ils peuvent nécessiter une analyse distincte de facilitation ou d’appréciation discrétionnaire, et les membres de la famille ressortissants de pays tiers peuvent également être soumis à des formalités d’entrée différentes avant l’arrivée.
Contactez nos avocats en immigration en Suisse
Richmond Chambers Switzerland conseille les retraités UE/AELE sur l’opportunité de la voie de résidence sans activité lucrative, sur la manière de prouver l’autonomie financière et l’assurance adéquate, ainsi que sur la gestion des questions liées au télétravail, aux membres de la famille, au soutien public, aux absences et au renouvellement du permis.
Pour organiser une réunion de première consultation, contactez Richmond Chambers Switzerland par téléphone au +41 21 588 07 70 ou remplissez notre formulaire de demande de renseignements.
Foire Aux Questions : Retraités UE/AELE Vivant En Suisse Sans Travailler
Les Retraités UE/AELE Peuvent-Ils Vivre En Suisse Sans Travailler ?
Oui, les retraités ressortissants de l’UE/AELE peuvent vivre en Suisse sans travailler s’ils remplissent les conditions applicables aux personnes sans activité lucrative. Ils doivent notamment disposer de ressources financières suffisantes et d’une assurance maladie et accidents adéquate.
Existe-T-Il Un Visa Suisse De Retraite Pour Les Ressortissants UE/AELE ?
Il n’existe pas de visa suisse de retraite distinct pour les ressortissants UE/AELE. Les retraités demandent généralement un titre de séjour en tant que personnes sans activité lucrative.
Quelles Ressources Financières Un Retraité UE/AELE Doit-Il Avoir Pour Résider En Suisse ?
Le retraité doit disposer de moyens suffisants pour ne pas dépendre de l’aide sociale suisse. Les autorités peuvent examiner les pensions, les actifs disponibles, les revenus de placement, le loyer, les primes d’assurance, les dépenses courantes et la situation des membres de la famille qui s’installent aussi en Suisse.
Le Télétravail Peut-Il Compliquer La Demande De Séjour D’un Retraité UE/AELE ?
Oui, le télétravail peut nécessiter une analyse plus approfondie lorsqu’il implique des clients suisses, une activité indépendante en Suisse, un emploi suisse ou des responsabilités liées au marché suisse. Les pensions et revenus passifs sont en principe appréciés différemment d’une activité professionnelle.
Quelles Preuves Peuvent Démontrer L’Autonomie Financière En Suisse ?
Les documents utiles peuvent inclure des attestations de pension, confirmations de rente, relevés bancaires et d’investissement, preuves de revenus locatifs, attestations de prestations étrangères, budget du ménage et justificatifs des coûts d’assurance prévus. En cas de soutien par un tiers, il faut pouvoir démontrer que les fonds sont réels, disponibles et fiables.
Les Retraités UE/AELE Ont-Ils Besoin D’une Assurance Maladie Et Accidents En Suisse ?
Oui, une assurance maladie et accidents adéquate est une condition importante du séjour. Avant de déménager, il convient de vérifier si l’assurance obligatoire suisse, une couverture étrangère coordonnée ou une exemption peut s’appliquer.
Quelle Est La Durée D’un Permis B UE/AELE Pour Un Retraité ?
Un demandeur UE/AELE sans activité lucrative reçoit généralement un permis B UE/AELE, souvent valable cinq ans. Dans certains cas, les autorités peuvent limiter le premier permis à deux ans afin de procéder à un contrôle plus rapproché.
L’Aide Sociale Peut-Elle Mettre En Danger Le Séjour D’un Retraité UE/AELE En Suisse ?
Oui, le recours ultérieur à l’aide sociale suisse ou à des prestations complémentaires peut compromettre le renouvellement ou le maintien du séjour. Un retraité dont le droit de séjour dépend de son autonomie financière devrait demander conseil avant de solliciter une aide publique.
Cet article résume le droit suisse de l’immigration et les orientations applicables à la date de rédaction. Les faits individuels, les preuves, la pratique cantonale et la situation procédurale peuvent affecter l’issue du dossier. Il est fourni à titre d’information générale uniquement et ne constitue pas un avis juridique.
.png)


